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Un témoignage qui donne froid dans le dos

Sarah Caron a édité un livre (1) concernant un pays dont on perle assez peu, si ce n’est pour les réactions parfois assez radicales sur un plan politique : le Pakistan.

Outre le fait que ce pays soit régulièrement en proie avec des dissidences dont l’origine est dans la majorité des cas d’origine religieuse, certaines franges de la population souffrent le plus souvent en silence.

Ainsi cette photographe a mis en évidence les problématiques en rapport avec les errances de ce pays dans le domaine de la santé.

Le plus triste, c’est que cette dernière s’est attachée aux affections VIH contractées par les enfants du fait de manque d’hygiène lors de la réalisation des soins.

Le matériel médical usagé est fréquemment jeté négligemment dans les rues ou les parcs où trainent les enfants (certains n’ont pas de chaussures et se piquent ou se blessent facilement).

Il n’est pas rare que les infirmières réutilisent les seringues ou les aguilles pour perfuser les patients, ou injecter différentes substances.

De tels errements se comprennent parfaitement du fait d’un investissement quelque peu limité dans ce domaine.

Il est certain que ce poste est le plus souvent coûteux, mais les pouvoirs publics de ce pays évaluent mal la charge financière induite par les contaminations par le VIH des enfants souvent stigmatisés injustement tout comme leur famille.

Les propos tenus par ce reporter sont très émouvants et nous montrent que dans ce pays les soignants n’ont pas nécessairement les diplômes requis pour pratiquer leur art.

De nombreuses écoles privées fleurissent et dispensent des formations pas nécessairement de grande qualité.

Par voie de conséquence, nous comprenons aisément que l’approche des patients consultés par certains confrères (surtout ceux qui officient dans des cliniques) n’est pas optimale, et des erreurs surviennent fréquemment.

Même si cet exemple peut nous contrarier, surtout vis à vis des enfants qui sont contaminés de manière idiote, nous devons nous poser la question de la formation des professionnels en charge de la santé des patients.

Un cas pas nécessairement isolé, mais sur de moins importantes proportions

Un article publié dans le Quotidien il y a quelques semaines de cela mettait en lumière la volonté des politiques de rapatrier les étudiants qui faisaient leur études en Europe ; le plus souvent ceux en provenance de Roumanie.

Différents témoignages nous permettent de voir qu’outre l’attractivité financière qui est en berne dans notre pays, deux autres écueils sont à l’origine d’hésitations, et même d’un refus d’une poursuite des études en France chez ces étudiants :

  • Le premier est le fait que l’internat est souvent éreintant avec une « exploitation » de cette main d’œuvre
  • Le second tient essentiellement à la problématique inhérente à la réussite au nouvel examen classant (EDN) pour lequel ces jeunes doivent obtenir une note supérieure à 14 pour devenir interne. Cette volonté a été, je le pense, demandée par certains professeurs qui étaient ulcérés du niveau de certains étudiants étrangers dans leurs services

En pratique nous pouvons noter que ces futurs confrères en provenance de l’étranger arrivent les derniers du classement.

Assez récemment j’ai fait la connaissance de certains de deux d’entre eux venus faire un stage d’observation, et qui étaient frustrés car ils n’avaient pas réellement examiné des patients.

Tout aussi perturbant était leur niveau qui m’a quelque peu stupéfait.

Nous ne pouvons qu’être attristés par cette situation ;

On fait croire à ces jeunes qu’ils ont le niveau requis pour devenir des soignants hors pair, cela moyennant des frais énormes.

Comme je l’ai précisé précédemment ces étudiants viennent pour la plupart de Roumanie.

Ce que nous oublions c’est que les écoles (il est difficile de parler d’université) qui dispensent un enseignement sont des écoles privées.

Ces dernières (pour la plupart) ne doivent pas être assimilées aux universités de Roumanie, ce qui est à mon sens une gageure car le niveau des étudiants roumains est équivalent aux nôtres.

Autrement dit, en acceptant de cautionner le développement de certains établissements en charge de la formation de ces futurs confrères, et en ne se permettant pas de connaître les différents thèmes des formations réalisées on ferme les yeux sur la qualité de l’enseignement dispensé.

Ne serait-il pas important de la part de la France pour ses ressortissants, mais aussi le ministère de la santé de Roumanie, d’effectuer des contrôles de ces écoles, et de leur imposer certaines règles pour dispenser des cours en adéquation avec la pratique future (stages dans les services obligatoires par exemple, parrainage avec des praticiens français) de ces futurs confrères ?

 

  • Caron Sarah. Pakistan là ou les montagnes pleuvent. Ed. Lammerhuber.

Dr Pierre Frances

2 Commentaires

  1. Il y aurait 5000 étudiants français qui étudient à l’étranger pour la majorité en Roumanie (j’y est été 12 fois depuis la révolution), la plupart après avoir échoué à la première année. Il y aurait en France 18 000 étudiants étrangers (à vérifier !). Si c’est le cas que l’on ne dise pas que l’on ne peut pas former plus de médecins…
    Benoît Tanguy

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