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Tous les français ne sont pas logés à la même enseigne!

Dimanche 18 février, à mon retour de ma course bihebdomadaire, j’ai rencontré une jeune femme sur le bord de la route qui faisait de l’auto-stop.

Je suis arrêté pour l’amener vers ma destination finale car j’étais quelque peu inquiet en ce qui concernait sa sécurité (la nuit commençait à nous plonger dans l’obscurité).

Cette charmante personne m’a alors expliqué qu’elle travaillait le week-end dans un bar, et qu’elle était désemparée du fait de l’absence de transport (TER) du fait d’une grève des contrôleurs.

Je me suis mis alors à bien réfléchir, et je me suis doit qu’une telle mésaventure avait probablement été vécue par d’autres salariés.

D’autre part je revoyais les différents reportages diffusés en boucle durant cette période, lesquels ne cessaient de mettre en avant le fait qu’un TGV sur deux à destination des stations de sports d’hiver serait disponible.

Il est vrai que les TGV restent une grande fierté de la SCNF, et il est peu concevable de ne pas faire rouler au moins 50% de cette flotte.

On se moque complètement des usagers des TER qui ne sont jamais ou très rarement pris en compte, cela d’autant plus que leur financement revient aux collectivités régionales.

Or les personnes utilisant ce mode de transport sont souvent des salariés qui travaillent dur.

Le plus souvent ils n’ont pas d’autres alternatives que de prendre le train (absence de permis de conduire pour certains).

Il apparaît à mon sens nécessaire de respecter cette frange de la population qui permet à tous de nous restaurer durant les fins de semaine, ou assurent des services indispensables durant les périodes considérées comme non ouvrables.

Il est certain que parler des TGV qui acheminent les vacanciers vers les stations de ski est plus valorisant pour les journalistes, mais aussi les politiques car ils demeurent une force de contestation imparable.

Derrière le choix de cette destination durant les vacances scolaires, nous avons un nombre non négligeable de français sur le marché du travail, mais surtout une masse importante d’électeurs potentiels qu’il est inconcevable de ne pas satisfaire.

Cette attitude nous l’observons également avec les contrôleurs aériens qui font facilement monter les enchères en ce qui concerne leurs avantages (ils sont énormes), tout cela en un tour de main car c’est amusant de prendre en otage la population qui va discréditer de cette façon l’exécutif.

Et une nouvelle fois l’exécutif accepte des exigences syndicales indignes pour éviter d’être vilipendé par les citoyens mécontents de ne plus pouvoir se déplacer.

Autrement dit ces deux exemples nous montre que cette force de nuisance est très rapidement prise en compte par nos politiques qui ne veulent pas faire de vagues.

La grève des infirmières peu médiatisée…

En parallèle à la grève des contrôleurs, une autre a été très faiblement médiatisée : celle des infirmières.

Ces professionnelles libérales au chevet des patients 7 jours sur 7 (les cheminots ne sont pas les seuls à assurer pour certains un travail le week-end) n’ont pas été revalorisées depuis plus de 15 ans.

On se moque éperdument de leur situation car elles peuvent s’époumoner, et manifester leur mécontentement, jamais un seul patient qu’elles prennent en charge restera sur le carreau.

Et c’est là où le bât blesse, car ces soignantes (il s’agit dans une grande majorité de femmes) n’ont pas l’impact du cheminot qui peut paralyser les transports publics, cela sans assurer dans certains cas le service minimum.

On oublie que les infirmières libérales sont des professionnelles qui méritent autant voire plus de respect que les agents de la SNCF.

Elles ont la volonté d’assurer un service public que les fonctionnaires et assimilés n’assurent plus ou très partiellement avec le plus fréquemment un humanisme hors pair.

Ce qui me gêne considérablement c’est le fait que ces soignantes sont toujours volontaires pour assurer des soins de qualité, cela malgré les différents rapports bien relayés par les médias de certains moutons noirs qui escroquent la Sécurité Sociale.

On oublie que ces libérales vont recevoir au bout de 64 ans (cela est parfois bien plus) une retraite bien inférieure que celle reçue par les contrôleurs de la SNCF qui l’obtiennent à 58 ans.

Pire leur contribution par le biais des impôts va permettre de combler le déficit abyssal de cette entreprise publique de transport.

Ce qui est quelque peu triste à observer, c’est le fait que leur force de nuisance est trop limitée (elles sont « trop » attachées à leurs patients).

De ce fait leurs revendications vont devoir être rangées dans les placards, et elles vont continuer à travailler pour une misère.

Pour une fois je ne parle pas des médecins qui, il faut le dire, sont légèrement mieux lotis que ces paramédicaux.

 

Tout cela pour dire que nous évoluons tous dans un pays où des discriminations vis-à-vis de certains travailleurs existent, cela sans qu’une réelle volonté d’écoute ou de prise en compte du service réel rendu soit effective.

Dr Pierre Frances

2 Commentaires

  1. Les professions libérales sont à abattre dans notre belle société. C’est clair depuis longtemps.

  2. Tu as entièrement raison une fois de plus. Et tu ne parles pas des parlementaires qui votent leur augmentation de salaire sans aucune opposition.
    Je vote pour toi aux prochaines présidentielles.

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