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Le futur sera très chaud pour les soignants du public, et même pour les libéraux!

Il y a quelques jours de cela le très célèbre Frédéric Valletoux, président de la Fédération Hospitalière de France  s’est exprimé sur les ondes de France Info pour alerter les pouvoirs publics sur le manque de personnel au sein des établissements hospitaliers.

Ce dernier a mis en avant les difficultés rencontrées et que rencontreront les établissements hospitaliers dans la gestion d’un quotidien, et qui risquent durant la période estivale très proche de devenir ingérables

La COVID19 a épuisé les soignants tant sur un plan psychologique que physique, et nombreux sont ceux qui n’ont plus la force de poursuivre leur activité professionnelle.

En parallèle à cette mise en en garde formulée par M. Valletoux, différents syndicats préviennent que la pénurie de personnel dans les hôpitaux va avoir de graves conséquences cet été.

Il est vrai que les professionnels de santé ont été mis à rude épreuve, et le sont encore, du fait de cette pandémie qui n’arrive pas à disparaître et tend à devenir chronique.

La santé, un domaine peu pris en compte par le Président actuel

Durant la campagne électorale les sujets fréquemment abordés ne concernaient quasiment pas les questions concernant la santé des français.

Cette absence de prise en compte reste une donnée peu rassurante pour les soignants, mais aussi les malades.

Le nouveau président ne s’est que très peu entretenu sur ce sujet, ou le programme développé par la garde rapprochée de M. Macron est resté empreint de nombreuses interrogations.

Les propositions faites pour réduire la désertification médicale sont floues et il est difficile d’avoir un plan précis sur leur mise en œuvre, mais également en ce qui concerne leur véracité.

Aucune démarche de revalorisation des libéraux n’a été actée, et l’idée reste à l’étude éventuelle dans les années futures…

Malheureusement le ministère de la santé oublie de voir que les dépenses générées par la revalorisation éventuelle des professionnels de santé pourraient se superposer, en terme budgétaire, à celles engendrées par la rémunération des cabinets conseils mandatés par M. Véran.

Pourquoi M. Macron ne demande-t-il pas à la base, constituée il faut le dire d’une grande majorité de libéraux, de donner des idées pour maintenir un niveau de qualité en ce qui concerne l’accessibilité aux soins en France?

Pourquoi les journalistes et le politiques n’abordent que la problématique des hôpitaux lorsqu’ils parlent d’une meilleure prise en compte salariale, mais aussi des conditions de travail?

Pourquoi essaie-t-on de fonctionnariser les généralistes alors que le travail d’un praticien libéral est bien supérieur aux 35 heures des salariés, et que cette mesure va aggraver la pénurie de professionnels de santé qui est déjà existante?

Tout cela ne peut que nous laisser perplexe, et nous pose des questions sur la pérennité, à court et moyen terme, de notre système de santé.

Les libéraux sont et seront probablement les mal aimés des politiques qui acceptent sans vergogne de les faire travailler au delà des 35 heures réglementaires, cela sans saluer cet effort qui s’apparente dans certains cas au sacrifice pour prendre en charge les citoyens de notre pays.

Nombreux sont les confrères qui n’acceptent plus cela et changent d’orientation car l’absence de reconnaissance (cela peut également être une reconnaissance feinte) demeure pour ces derniers très démoralisante.

De ce fait certains décident de cesser leur activité professionnelle car ils ont donné, avec tout l’humanisme de leur fonction, le maximum qu’ils pouvaient donner sans être reconnus comme des professionnels de qualité.

Ce sacrifice qui n’est pas récompensé à sa juste valeur conduit parfois à une démotivation de certains généralistes pourtant passionnés par leur travail, ce qui conduit à leur absence de participation à la permanence de soins ou à l’acceptation de patients en urgence.

Les libéraux ne sont pas des voleurs ni des nantis, ils ont tout comme les soignants travaillant dans le secteur public: ils aiment leurs prochains et veulent exercer leur art avec la maximum de zèle.

 

 

 

Dr Pierre Frances

2 Commentaires

  1. MG nous sommes des être humains avec nos limites physique et psychique.bon nombre sont en burn out mais c’est un sujet tabou
    Ceux qui disent qu’ils ne participent pas à la permanence des soins ne connaissent rien ou ne sont pas des libéraux.C’est déjà une obligation .
    Par contre qu’en est il pour les dermatologues pneumologue cardiologue libéraux…aident ils leur homologue hospitaliers dans les gardent? Les médecins de la cpam et autres administratifs peuvent faire de ka régulation dans des SAS ou sur…voilà des pistes

  2. Quelle belle analyse, malheureusement réaliste.
    Merci à nos politiques et à nos Enarques dont fait partie le Président réélu.
    Comment casser notre belle médecine et le dévouement de ses membres, c’est ce à quoi nous assistons par des élites soit disant intelligentes.
    C’est triste et désabusant.

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