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Une guerre qui se doit d’être impitoyable !

Alors qu’au Moyen Orient des conflits ne cessent depuis de nombreux mois d’alimenter les colonnes de nos journaux, une autre guerre a pour théâtre la France.

Cette guerre est celle concernant le narcotrafic, et elle alimente régulièrement les chroniques des médias.

En fait de nombreuses altercations (ce sont souvent plus des meurtres) nous permettent de nous rendre compte de la violence engendrée par ce commerce illégal.

Des règlements de compte, et des luttes pour gagner certains territoires sont à l’origine de coups de feu responsables de décès.

Ce qui est très inquiétant, c’est de prendre conscience de la violence des actes perpétrés par « ces vendeurs de poisons », mais également les conséquences induites sur la population vivant à proximité.

Il y a une semaine de cela le ministre de l’intérieur s’est déplacé sur Nantes pour constater les dérives induites par le narcotrafic (2 mineurs ont été blessés, et un autre tué) dans cette ville.

Cette intervention (elle a été très rapidement effective) fait suite également à une tuerie  sur Nice qui a été une onde de choc auprès des journalistes de tout poil.

Ce qui est dramatique, c’est de voir que ces adolescents étaient postés (ils n’étaient pas nécessairement impliqués dans des histoires de drogue) dans un hall d’immeuble qui était une des plaques tournantes dans le commerce de substances psychoactives.

Laurent Nuñez a montré lors de son déplacement sa détermination dans la lutte vis-à-vis du narcotrafic.

Il refuse toute tolérance vis-à-vis des trafiquants qui sont à l’origine d’une agonie d’une partie de notre territoire.

Nous ne pouvons qu’approuver cet état d’esprit, et ce d’autant plus que ce ministre est avant tout le représentant de notre démocratie.

Cela est d’autant plus important que les médias ne cessent d’égrener inexorablement les conséquences des luttes de clans rivaux en quête d’élargissement de territoire.

Récemment l’office central de la lutte contre le crime organisé (OCLCO) a mis en avant le fait que le nombre d’homicides faisant suite à des guerres de clans a augmenté en 2023 de 38% par rapport à l’année 2022.

De ce fait on ne peut pas, lorsqu’on est ministre de l’intérieur, rester impassible suite à ce déferlement de règlements de compte entre vendeurs de drogues.

De plus il ne faut pas perdre de vue que ce trafic impacte les habitants de ces quartiers qui peuvent être blessés.

Des questions peuvent être posées concernant la guerre de territoire sur Nantes, et plus généralement en ce qui concerne la toxicomanie

Cependant dans ce ciel en apparence radieux du fait de la prise en compte ministérielle, des nuages semblent menacer la sérénité des différents élus mobilisés lors du déplacement de notre ministre sur Nantes.

En effet, en analysant les articles diffusés par la presse, nous devons nous interroger sur certains faits :

  • Tout d’abord les forces de l’ordre ont pu constater qu’une partie des délinquants « embrigadés » sont mineurs. Cette manne est très intéressante pour les caïds de la drogue car ils peuvent plus facilement être manipulés. Ils prennent des risques parfois démesurés, et ne sont pas réellement protégés. Ce qui nous interpelle, c’est le fait qu’un nombre non négligeable de ces jeunes a un âge inférieur à 16 ans. Or il est admis actuellement que la scolarité est obligatoire jusqu’à 16 ans. Pourquoi le milieu éducatif n’intervient-il pas pour alerter les autorités publiques de l’absence dans les écoles de ces jeunes ? Toujours dans ce cadre, comment se fait-il que les parents responsables de l’éducation de ces enfants acceptent le fait qu’ils n’aillent plus à l’école ? Cette prise en compte est un élément important pour pouvoir agir de manière ferme, et efficace.
  • Si nous prenons l’exemple de Nantes, nous ne pouvons qu’être très surpris d’écouter les discours de riverains. Ces derniers expliquent que le fait divers à l’origine du déplacement du ministre de l’intérieur n’est pas un événement unique. Quelques jours auparavant un jeune de 18 ans avait été blessé par balle. Ce qui irrite quelque peu les habitants de ces quartiers (ils doivent souvent composer avec cette mafia de la drogue) ont plusieurs fois informé les pouvoirs publics sans réel succès. Nous avons l’impression que le combat opposant trafiquants de drogues et les forces de l’ordre est inégal. Les vendeurs de substances psychoactives sont très rusés, dans certains cas plus armés que les policiers, et ont une ténacité sans faille pour s’emparer de certains territoires. Les habitants sont dans l’obligation d’accepter les nouvelles règles (destruction de caméras de surveillance, porte des immeubles fracturées) imposées par ces trafiquants, cela en toute impunité. Nous avons dans ce cas un État dans l’État qui est devenu ingérable
  • Le fait que le commerce de la drogue est très florissant car il est de plus en plus important, et du fait des nombreuses possibilités pour se fournir de la drogue, avec en plus des prix souvent très attractifs. Ne serait-il pas possible, pour lutter de manière efficace vis-à-vis de ce trafic, de sanctionner lourdement les consommateurs ? On a trop souvent banalisé la consommation de certaines substances psychoactives (cas notamment du cannabis) qui était considérée comme sans danger, mais nous avons en fait de cette manière ouvert la boite de pandore. N’est-il pas trop tard pour faire machine arrière ?

Dr Pierre Frances

2 Commentaires

  1. ce qui arrive aujourd’hui était prévisible mais les pouvoirs publics ont préféré l’ignorer ça fait circuler l’argent, ça dope certains commerces, ça a permis à des familles de continuer à vivre….il y a une demande, gens paumés, en mal d’expérience, en mal être….le reflet de toute une société de consommation.
    J’ai quitté Nantes en 1997, c’était encore calme, le quartier sensible c’était les dervalliéres.
    J’habite Aubagne, et c’est une plaque tournante entre Marseille et la côte d’Azur.

  2. Il n’est jamais trop tard Docteur ; mais plus on tarde, plus la reprise en main devra être “impitoyable” 😈
    En revanche on ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont laissé prospérer : cet adage multiséculaire est toujours pertinent au XXIeme siècle

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