Nous apprenons très régulièrement le fait que la Sécurité Sociale est en déficit.
Actuellement « ce trou » financier est de 21,6 milliards d’euros.
Afin de réduire ce déficit nos chères têtes pensantes (elles cogitent dans les bureaux, et oublient le terrain) proposent deux types de mesures :
- Tout d’abord majorer les cotisations sociales. Cela paraît logique, mais nous devons nous rendre à l’évidence les citoyens qui participent à cette contribution sont de moins en moins nombreux
- Ensuite elles se sont penchées sur les mesures à prendre afin de réduire certaines dépenses
Concernant le poste de la dépense, plusieurs pistes sont proposées : réduire la fraude, limiter les arrêts de travail, obliger les industriels à afficher sur les produits le nutri-score, et éviter toute consommation de tabac pour les personnes nées après 2009.
En ce qui concerne la fraude, nos décideurs se sont armés d’équipes qui partagent avec la complicité des médias, et des réseaux sociaux les différentes prises.
Bien entendu nous nous attendons à ce qu’ils puissent améliorer dans un avenir proche leurs performances, car les prises obtenues ne sont pas nécessairement à la hauteur du préjudice subi (il est d’années en années de plus en plus important).
Concernant le chapitre des arrêts de travail, je ne veux pas m’y étendre, car au lieu d’aller traquer le mauvais prescripteur (le professionnel de santé est dans ce cadre le bouc émissaire), il suffit d’aller comprendre les raisons qui poussent certains assurés à s’arrêter (rôle une nouvelle fois des organismes sociaux pour assurer le contrôle).
Le nutri-score semble une bonne initiative, mais en pratique nous nous rendons compte que pour la plupart des français, lorsqu’il est affiché sur certains produits, ces derniers n’en tiennent que très rarement compte.
Le plus logique dans ce cadre est avant tout l’éducation sur le plan diététique.
A ce titre qui il se doit d’être effectif dès les classes élémentaires au sein des établissements scolaires.
Enfin, et ce point mérite une attention particulière à mon goût, l’interdiction du tabagisme chez les personnes nées au-delà de 2009.
Le tabagisme des jeunes une réalité qu’il ne faut pas banaliser
Nous en pouvons que reconnaître le fait que le tabagisme est un fléau au sein de notre société, addiction qui conduit à des pathologies respiratoires (la bronchite chronique qui hypothèque la qualité de vie des patients), et peut également être à l’origine de cancers.
Depuis de nombreuses années des initiatives ont été proposées par les gouvernements successifs pour limiter la consommation : majoration importante des prix, et arrêt de la production de cigarette par l’entreprise étatique qui était le fleuron de notre « patrimoine » : la SEITA.
Nous ne devons pas oublier que le tabagisme il y a 50 ans était toléré, et même l’Etat était partie prenante dans la gestion de cette addiction (un des entreprises d’état produisait des cigarettes, et des avantages concernant la retraite notamment étaient donnés aux buralistes vendeurs de ces produits).
Les organismes sociaux soucieux de la santé des nos concitoyens ont décidé de plancher (ce n’est pas acté réellement) sur l’interdiction de la consommation de tabac chez les plus jeunes.
Cette idée émane d’un écologiste (Nicolas Thierry), et a la faveur d’un médecin conseil de la CNAM (Dr Catherine Grenier).
Il est vrai que cette addiction ne concerne pas seulement les adultes, les jeunes générations étant également des consommateurs parfois très assidus.
Or en débutant ce type de consommation les risques d’une dépendance à l’âge adulte sont importants.
D’ailleurs les études nous montrent que la France est le pays de l’OCDE (organisation de coopération et de développement économiques) qui est le plus gros consommateur de tabac.
Néanmoins plusieurs critiques peuvent être émises vis-à-vis de cette mesure proposée :
1/ Les jeunes qui ont cette addiction trouveront toujours des parades pour poursuivre ce travers :
En se fournissant avec des camarades plus âgés, et parfois des complicités familiales qui acceptent sans aucune restriction ce recours au tabac répondront présent.
En ayant la possibilité d’acheter du tabac au marché noir (cela est aisé actuellement à la descente de certaines stations de métro), et dans ce cas on va favoriser un commerce très florissant comme celui des autres substances psychoactives vendues sous le manteau.
En allant dans des pays européens limitrophes (cas de l’Espagne dans mon cas où le prix des cigarettes est moins important, et facile à acheter pour un jeune) on se fournit aisément, et cela sans contrôle.
2/ Les jeunes vont trouver la parade en consommant du cannabis, une autre substance psychoactive dont les conséquences sur la santé sont plus délétères que le tabac.
A ce titre l’OFDT (observatoire français des drogues et des tendances addictives) a mis en avant le fait qu’en 2023, parmi les 11/75 ans, 21 millions de personnes étaient des expérimentateurs, et 5 millions des consommateurs réguliers (1).
Chez les jeunes de 17 ans, toujours en 2023, 29,9% étaient des expérimentateurs en cannabis (1).
Le cannabis est au 3ème rang, au même titre que le tabac, en ce qui concerne la consommation de substances addictives (1).
Ce qui est assez choquant, c’est de voir que le cannabis est autrement plus toxique sur l’organisme que le tabac, mais cette addiction est tolérée dans les milieux festifs, et dans les foyers.
3/ Une politique répressive qui a des chances de ne pas être très efficace car les forces de l’ordre ont d’autres chats à fouetter.
De plus il leur sera difficile de verbaliser les jeunes qui fument car il faudra que ces derniers présentent des documents prouvant leur identité.
Dernièrement nous avons vu les difficultés pour verbaliser les cyclistes impénitents par des policiers municipaux parisiens.
Pour mieux comprendre les difficultés de ces professionnels en charge de la sécurité, une chaine de télévision avait décidé de les suivre.
Dans la plupart des cas des recommandations sont données, et le contrevenant repart avec le sourire (dans certains cas il profère des insultes à l’agent qui reste impassible).
Cela nous montre les difficultés de mettre en place une politique efficace dans le domaine de la prévention.
(1) https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2025-07/dacc_2025.pdf