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L’effet canicule…

Nous nous souviendrons de l’été 2026 comme une saison torride, et très difficile à supporter en ce qui concerne les personnes qui vivent dans certaines régions françaises.

Il faut le dire la très grande majorité de nos départements a été impactée par la canicule entre juin et août.

Comme nous avons pu le voir de nombreuses personnes ont souffert de la chaleur excessive de jour comme de nuit, chaleur qu’il a fallu subir.

En parallèle les journalistes nous ont informé tout au long du mois de juillet, mais aussi en août (il est vrai que nous ne sommes pas encore en septembre), des méfaits engendrés par la canicule avec un conséquence qui a été le sujet majeur des journaux télévisés :  l’embrasement de nombreuses forêts, et la perte de logements pour certains.

Outre le fait que nous sommes assez « coutumiers » des feux de forêt dans le sud de la France, mais aussi dans les Landes, nous avons été étonnés par l’ampleur de ce phénomène qui a concerné une zone pourtant épargnée jusqu’à présent du fait de conditions météorologiques imaginées comme plus favorables : la région parisienne.

La forêt de Fontainebleau proche d’une zone très urbanisée, a été le théâtre d’un important incendie, fait divers qui a surpris de nombreux franciliens.

Il est vrai que l’été est la saison qui « oblige » (la participation des soldats du feu est souvent volontaire, et très patriotique pour un très grand nombre) les pompiers d’être sur le pied de guerre pour lutter contre un fléau répété, voire amplifié, d’années en années.

Nous devons nous rendre à l’évidence le dérèglement climatique a des risques de majorer les épisodes caniculaires dans les prochaines décennies.

Bien entendu des voix se sont élevées pour dénoncer une inertie de l’exécutif vis-à-vis d’une catastrophe prévisible.

Ainsi des journalistes ont pointé du doigt le manque de moyens matériels pour lutter contre le feu, et les pompiers ont manifesté devant les portes de leur ministre de tutelle pour dénoncer le manque d’équipements adéquats pour assurer leur propre sécurité.

Le ministre de l’intérieur a reconnu les failles dans ce cadre, mais les solutions apportées n’ont pas réellement été à la hauteur des espérances des soldats du feu.

Ce qui a quelque peu irrité les professionnels des incendies, c’est le fait que depuis quelques années les pouvoirs publics auraient dû comprendre la nécessité d’étoffer les moyens de lutte vis-à-vis des incendies, et descendre de leur tour d’ivoire pour aller à la rencontre des gens qui sont sur le terrain constamment.

Les dirigeants politiques ont montré leur volonté d’intervenir dans ce cadre, mais au final sur le terrain les actions voulues ne se sont pas concrétisées pour un grand nombre.

Parallèlement les agriculteurs ont dû faire face à une pénurie d’eau, mais aussi aux conséquences de la sécheresse sur les différentes cultures.

Ils ont exprimé, pour certains d’entre eux, leur désarroi vis-à-vis de cette situation très éprouvante.

Outre les conséquences sur les récoltes qui seront parfois très importantes, ces professionnels vont devoir demander des aides financières pour boucler les fins de mois.

La ministre de l’agriculture, très à l’écoute visiblement de cette triste situation, a promis de débloquer des fonds pour les soutenir dans cette difficile épreuve.

Il est certain que les aides seront assez limitées, cela du fait de la conjoncture actuelle avec une dette insoutenable pour notre pays.

Les compagnies d’assurance seront probablement mises à contribution pour assurer un complément de revenu aux agriculteurs.

En Inde, pays pourtant habitué aux changements climatiques importants, le gouvernement de Narendra Modi a pris des mesures financières pour que les toits des maisons des quartiers pauvres (près de 20 000 habitations ont été concernées par cette action) soient peints en blanc, couleur qui réduit la chaleur au sein des foyers.

Les journaliers durant ces épisodes de canicules ont reçu une indemnité, et les pouvoirs publics ont proposé leur contribution financière pour que des entreprises en charge de la production de climatiseurs augmentent leur production.

De cette manière le pays évite la dépendance vis-à-vis de son importateur chinois.

Enfin la production d’énergie solaire est devenue prioritaire pour l’Inde.

Ce qui est regrettable dans ces différents cas de figure concernant la France, et contrairement aux mesures anticipatoires de pays dits en voie de développement (L’Inde a pris des décisions pour lutter vis-à-vis du réchauffement climatique depuis 2013), c’est de voir l’absence d’anticipation vis-à-vis d’une situation que les prévisionnistes météo avaient pourtant communiquée bien à l’avance.

Le domaine de la santé est également impacté par la canicule, et les solutions n’ont pas été anticipées, ou prises en compte de manière logique

Dès le mois de juin le ministère de la santé s’est mobilisé rapidement pour que les centres hospitaliers (ceux notamment qui n’ont pas de climatisation au sein des services) puissent avoir des ventilateurs en quantité suffisante.

Il faut dire que les actions allant dans ce sens ont été très médiatisées.

Or une nouvelle fois nous devons nous rendre à l’évidence, la précipitation n’avait pas lieu d’être car les météorologues avaient expliqué depuis des mois que nous allions devoir faire face à un été de tous les dangers sur un plan thermique.  

A ce sujet je ne me fais pas d’illusion car des mesures ont été prises bien avant la canicule pour que les administratifs hospitaliers ne soient pas incommodés par des températures excessives.

Cela me rappelle mes années lycées durant lesquelles nous devions nous vêtir chaudement dans les classes l’hiver du fait de températures glaciales, cela alors que les agents administratifs qui œuvraient dans un bâtiment proche bénéficiaient de températures très agréables du fait d’installations de chauffage adaptées.

Des communications ont été effectuées pour montrer l’impact de la canicule sur le nombre de décès en France.

Ainsi sur la totalité d’une période (mois de juin), les autorités de tutelle ont annoncé le fait que 5764 décès étaient favorisés par la canicule (il y a de grandes chances que des données soient sous-évaluées).

Cela peut donner des frissons à certains français, mais montre une nouvelle fois plusieurs problèmes auxquels nous allons devoir faire face :

  • Une population vieillissante qui nécessite des soins journaliers, et qui n’a pas nécessairement les réflexes adaptés vis-à-vis des fortes chaleurs (boisson suffisante, rafraichissement des lieux de vie)
  • Des pouvoirs publics qui restent cloitrés dans les bureaux, et ne se mobilisent pas sur le terrain pour venir en aide à nos ainés. Leurs idées ne sont pas nécessairement très élaborées. Il est vrai qu’il est plus aisé d’envoyer des documentations aux professionnels de santé (il faut faire comme du temps de Mao, c’est-à-dire les éduquer car ils n’ont pas le sens pratique vis-à-vis de réalités du moment) pour leur expliquer les conséquences de la canicule sur la santé des citoyens, que d’aller à la rencontre des citoyens pour s’informer avec la base des problématiques

De nombreuses familles de patients âgés ne répondent que très peu aux sollicitations des aidants professionnels, ou sont souvent absentes.

Elles ont fréquemment le chic de déléguer la tâche du soutien des parents aux professionnels de santé de terrain.

Nous oublions trop facilement le fait que nous devons être solidaires vis-à-vis des personnes les plus âgées fragilisées en ce qui concerne leur santé par des fortes chaleurs.

Cela nous montre les travers d’un individualisme de plus en plus présent au sein de notre société.

Dr Pierre Frances

Médecin généraliste des Pyrénées Orientales depuis plus de 25 ans, mon travail s'axe sur plusieurs éléments: - La prise en charge des patients de mon secteur géographique - L'écoute et le soin des plus démunis au sein de 3 structures dédiées aux sans domicile fixe Très heureux, et passionné par mon métier, je peux de cette manière partager cette expérience avec des étudiants, mais aussi d'autres professionnels par le biais d'articles régulièrement rédigés

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