Il y a quelques jours de cela nous avons pu être informés grâce aux médias d’un changement notable au sein d’une grande enseigne parisienne confrontée à des problèmes financiers importants.
Cette « institution » qu’affectionne de nombreux français a changé de mains du fait d’erreurs stratégiques il semblerait.
Une marque célèbre de prêt à porter chinoise ayant une grande popularité sur des sites internet, avait pris ses quartiers dans cette structure, ce qui avait été vivement critiqué par de nombreuses associations.
Ce label en charge de la confection d’origine asiatique n’a pas réellement trouvé ses marques, et va prochainement quitter l’étage qui lui était dédié.
Cela fait sourire de nombreux parisien qui pensent être soulagés par ce départ qui ne collait à leurs yeux pas au concept initial de ce grand magasin.
Cependant il ne faut oublier que l’enseigne dont nous parlons avait avant la venue de cette marque chinoise quelques difficultés à payer ses fournisseurs, et pour éviter la banqueroute cette option avait été choisie.
L’échec de cette stratégie est en partie en relation avec les nouvelles tendances actuelles concernant les achats de la plupart de nos concitoyens.
L’achat du prêt à porter est surtout effectué en ligne, et nombreux sont ceux qui se complaisent à rester devant leur ordinateur pour effectuer leur commande.
Et le manque de succès de l’enseigne chinoise très prisée sur la toile, est en partie due aux modifications de nos comportements.
Il est plus facile de faire ses achats en allant sur un portail internet plutôt que d’aller se garer devant une boutique (si cela est d’ailleurs possible), ou de faire des kilomètres pour trouver l‘enseigne voulue.
De plus il est possible d’avoir une gamme complète sur un site, ce qui n’est pas le cas pour un magasin dont la surface est plus réduite que les sites de stockage des grandes marques qui ont une diffusion exclusivement en ligne.
Le journal Libération a d’ailleurs été tout à fait juste sur ce sujet en exposant en filigrane les conséquences d’une dématérialisation « rampante » sur le succès de cette enseigne, et son déficit financier, alors qu’il y a quelques années de cela elle était très prisée par les franciliens.
Ce phénomène ne concerne pas uniquement le prêt à porter, mais également la presse.
Les différents journaux d’opinions ont des difficultés pour survivre, certains ayant été contraints de réduire leur régime de diffusion papier, ou ont tout bonnement décidé de n’apparaître que sur des sites qu’ils ont créés.
Les jeunes générations ne souhaitent plus s’abonner à des journaux, et préfèrent plutôt aller vers des applications en charge de l’information.
Les réseaux sociaux permettent également d’avoir une vision plus ou moins étriquée sur le monde actuel.
Très régulièrement les édiles de certaines communes prennent la parole pour critiquer les décisions de certaines administrations (cas de la poste) qui a décidé de fermer certains établissements.
On comprend fort bien la nécessité d’un maillage territorial qui permet aux plus âgés d’avoir recours aux services publics de proximité.
Malheureusement il faut se rendre à l’évidence la dématérialisation favorise la désaffection des français par rapport à certains services publics.
On ne s’envoie plus les vœux du premier de l’an avec des cartes postales, mais avec des animations parfois amusantes et puisées sur des sites dédiés.
Effets de la dématérialisation chez les professionnels de santé
En ce qui concerne les médecins le chemin de la dématérialisation est de plus en plus utilisé.
Ainsi nos organismes sociaux nous informent par voie informatique des nouvelles concernant les pratiques à suivre, mais aussi les décisions prises en ce qui concerne les prises en charge, et les remboursements.
En ce qui concerne les assurés sociaux un projet d’envoi des facturations par mail concernant les actes effectués sur leur personne par les professionnels de santé ou les autres acteurs en charge du soin est à l’étude.
Auparavant ils étaient informés des dépenses liées aux soins prodigués par courrier.
Ces envois n’avaient pas eu beaucoup d’impact sur la prise de conscience des frais engagés par les caisses, et la dématérialisation aura probablement les mêmes conséquences.
Un bon nombre d’invitations pour des congrès, des formations transitent également via l’ordinateur, ce qui nous contraint souvent à faire du ménage sur notre boite mail du fait d’une occupation (elle n’est pas nécessairement voulue par les professionnels de santé) par ces encarts publicitaires qui peuvent bloquer la réception de messages.
Nous ne devons pas oublier le fait que même si la dématérialisation permet de mieux conserver des données recueillies, l’impact écologique n’est pas réellement positif.
Les patients peuvent également s’informer en ce qui concerne leur pathologie grâce à la dématérialisation, évite chez ces derniers de prendre le temps de lire des livres concernant leur pathologie, et peut avoir certains écueils :
– Celui de mettre en difficulté le médecin qui ne connaît pas nécessairement toutes les caractéristiques sémiologiques du patient
– Celui de donner des informations parfois peu crédibles, et qui est responsable d’un comportement parfois méfiant du patient vis-à-vis du médecin
Parallèlement les revues médicales misent pour survivre sur les sites, certains ont disparu faute d’un nombre suffisant de lecteurs.
Sur Paris les librairies spécialisées dans la vente d’ouvrages médicaux ont presque toutes fermées, celles qui subsistent tirent le diable par la queue.
Les commandes sont effectuées par voie dématérialisées, et dans certaines disciplines les éditeurs font la moue pour assurer la publication des écrits d’auteurs pourtant respectables du fait d’une mise en ligne de contenus qui sont plus vendeurs que la prose en vente dans les librairies.
Il est vrai que les articles proposés par voie dématérialisés peuvent être mis à jour, cela alors que les livres médicaux édités il y a plus de dix ans doivent être remplacés du fait de nouvelles recommandations, ou de prises en charge plus innovantes.
« L’évolution ne connait pas la marche arrière » Boris Cyrulnik.