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Et les voisins alors….

Il y a quelques jours de cela une patiente vient me consulter, et m’explique son désarroi, car elle a eu une instabilité à la marche très invalidante.

Cette problématique est survenue très rapidement (moins de 72 heures).

Très inquiète par cette symptomatologie, elle est allée frapper à la porte de son voisin de HLM.

Ce dernier qui était à son domicile (elle l’avait entendu quelques minutes auparavant revenir de son travail) n’a pas répondu lorsqu’elle a actionné la sonnette de sa porte.

De ce fait elle a dû appeler au 15 pour être prise en charge, et compte tenu d’une gravité modérée de son état, le régulateur débordé d’appels lui a répondu d’attendre patiemment le lendemain (ce scénario catastrophe se déroulait un dimanche) pour appeler son médecin traitant qui se mettrait dans une certaine mesure à sa disposition.

Elle a été obligée de rester dans son appartement, et a dû tant bien que mal se débrouiller pour faire face à son quotidien.

Un patient âgé de 83 ans, sans aucun antécédent particulier, ni traitement, a fait une chute par inadvertance (il n’a pas vu une marche dans un square).

Il vient au cabinet, et nous ne pouvons que constater une déformation d’un de ses poignets.

Par voie de conséquence nous avons, en plus de notre prescription d’antalgique pour réduire sa douleur, demandé en urgence une radiographie de sa main.

Ce charmant monsieur nous a expliqué qu’il ne voyait pas de quelle manière il serait possible de réaliser cet examen, cela du fait du fait de la mauvaise volonté de ses voisins qui lui ont régulièrement répondu négativement lorsqu’il avait besoin d’eux dans le cadre de menus services du quotidien.

Il a fallu donc que nous cogitions pour trouver une solution, le but étant d’obtenir une prise en charge optimale dans ce cas de figure.

En fait la seule possibilité que nous avons pu trouver, c’est d’appeler un taxi pour que ce dernier puisse être conduit vers le centre hospitalier le plus poche.

De cette manière on délègue la charge du transport à nos organismes sociaux déjà grandement pris à la gorge sur un plan financier.

Chez cette personne, cela a été possible du fait d’une pathologie en rapport avec une affection de longue durée (sa pathologie qui a été à l’origine d’une affection en longue maladie pouvait être responsable d’un problème d’équilibre), élément qui a conditionné la gratuité du transport.

Nous sommes pleinement conscients de notre comportement quelque peu critiquable, et nous ne sommes pas des prescripteurs écervelés qui nous moquons de prendre des mesures inadéquates pour réduire le déficit de la sécurité sociale.

Cependant nous devons également prendre en compte le fait que nous avons également comme volonté également d’apporter une qualité de soin à la personne qui nous le demande.

Tout aussi émouvant est l’abandon familial des plus âgés au sein des établissements pour personnes âgées, ou même au sein de leur domicile.

Il est fréquent que des enfants laissent, sans aucune gêne, des parents seuls tout en sachant qu’ils perdent de leur autonomie.

Pour se donner « bonne conscience », ces derniers reportent « leurs obligations » concernant la prise en charge d’un membre de la famille vers les professionnels de santé du secteur.

Ces derniers sont souvent débordés, et même s’ils se mettent en 4 pour donner un peu d’humanisme, ils ne peuvent en aucune manière remplacer la chaleur humaine apportée par un proche.

Ce qui est triste dans ces différents exemples, c’est de voir que chacun oublie qu’il est parfois utile d’aider son voisin, ses parents, et que la solidarité vis-à-vis des autres est souvent à moyen terme payante pour soi-même (il flatte son égo, et donne un sentiment de bien-être).

Cependant nous devons nous rendre à l’évidence nous évoluons dans une société très individualiste.

D’autres exemples de personnes isolées, mais pas seulement en France

Récemment un journaliste a partagé des témoignages mettant en avant la solitude des personnes âgées, souvent confrontées à l’absence de contact avec des voisins, ou des proches.

Ce professionnel de la presse, Ronan Planchon pour le nommer, a dans un premier temps débuté son propos par une citation d’Aristote concernant l’amitié.

Ainsi ce philosophe grec divisait cette « qualité » en 3 chapitres : l’utilité, le plaisir, et la vertu.

Nous ne pouvons que souscrire aux idées de cet intellectuel, idées tout à fait justes.

Malheureusement elles ne sont plus en accord avec la situation actuelle qui est vécue par nos concitoyens.

En Corée de sud, alors que le taux de natalité est au plus bas (0,72 enfant par femme en 2023), près de 4000 personnes sont décédées en étant seules en 2024, et 42% des foyers sont constitués d’une seule personne.

Pour faire face à cette situation de vieillissement important de la population, et de ses conséquences sur la prise en charge des ainés, les pouvoirs publics ont trouvé une solution : l’intelligence artificielle.

C’est ainsi que dans la ville de Yongin une entreprise a voulu montrer l’intérêt (mais aussi va permettre de faire prospérer la nouvelle structure créée à cette fin) de ce nouvel outil technologique auprès des plus âgés.

La mairie a permis à de nombreuses personnes isolées, et à la fleur de l’âge, d’obtenir des poupées qui chantent, et ont une attitude très empathique à leur égard.

De cette manière ces ainés arrivent à rompre de manière très artificielle leur isolement en ayant un confident présent de manière permanente.

Bien qu’initialement cette façon d’aborder le grand âge en n’ayant pas, ou plus, de relations avec d’autres humains semble assez satisfaisante, elle ne peut que nous donner froid dans le dos.

En effet l’intelligence artificielle ne pourra en aucune manière remplacer le contact avec des proches.

Les pouvoirs publics de ce pays asiatique n’auraient-ils pas été plus inspirés de formaliser des accords (financiers, mais pas nécessairement) avec des plus jeunes qui auraient pu se déplacer chez les plus âgés, cela pour qu’ils ne soient plus seuls, et puissent communiquer avec d’autres citoyens ?

Cette volonté de rompre l’isolement chez les personnes isolées n’est pas une ambition affichée de certains pays asiatiques, c’est une idée que souhaite également mettre sur la table certains députés français.

Ainsi Mme Guetté (députée de la France insoumise) souhaite qu’une loi puisse être promulguée afin de permettre l’entraide entre citoyens.

Même si cette volonté de légiférer dans ce domaine semble une bonne chose, nous voyons au travers de ce cas de figure les dérives de nos sociétés qui deviennent très individualistes, cela avec une indifférence quelque peu étonnante de la plupart de nos dirigeants.

Il est difficile en 2026 de faire ancrer dans le cerveau de nos compatriotes l’idée du partage, et du don de soi.

Dr Pierre Frances

Médecin généraliste des Pyrénées Orientales depuis plus de 25 ans, mon travail s'axe sur plusieurs éléments: - La prise en charge des patients de mon sectuer géographique - L'écoute et le soin des plus démunis au sein de 3 structures dédiées aux sans domicile fixe Très heureux, et passionné par mon métier, je peux de cette manière partager cette epréience avec des étudiants, mais aussi d'utre professionnels par le biais d'articles régulièrement rédigés

Un Commentaire

  1. J’ai 75 ans et en assez bonne santé et en cumul emploi retraite et mon épouse 76 ans. Elle supporte mal la canicule en Bretagne !
    Nous avons 3 enfants et 5 petits enfants et personne ne nous a demandé si on supportait cette canicule…
    Mais c’est societal…

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