Ce titre peut nous faire sourire, mais il a été utilisé par un grand écrivain célèbre pour ses fables : La Fontaine (deuxième fable du livre IX).
Ce choix a pour but de nous parler de deux situations pour lesquelles les pouvoirs publics ont une compassion quelque peu feinte.
Il s’agit tout simplement de deux professions qui ont un rôle majeur dans notre société : les médecins et les agriculteurs.
Le conflit agricole, le fil rouge des journaux télévisés
Depuis quelques mois les agriculteurs sont très mécontents du fait d’une évolution trop normative dans leur secteur professionnel.
Très récemment pour illustrer ces propos, un jeune viticulteur est venu à ma rencontre pour me narrer ses désillusions vis-à-vis de la prise en compte de son métier par les pouvoirs publics.
Ce dernier est propriétaire d’une vigne, et il a souhaité de ce fait désherber une très petite portion de son terrain proche d’un cours d’eau.
Mal lui en a pris, car très rapidement il a été appréhendé par un organisme étatique : la police de l’eau (un organisme de plus à une triste période de déficit abyssal des finances publiques).
Très remonté l’inspecteur en charge du respect des normes en matière agricole lui a signifié qu’il serait convoqué au tribunal du fait de son irresponsabilité coupable.
Ni une ni deux, quelques mois plus tard il a dû se déplacer pour s’expliquer auprès du procureur qui était très remonté par le constat de l’agent de l’Etat.
Selon ses termes « ce représentant n’avait rien d’autre à faire que constater une infraction qui n’en était pas une ».
Ce qui doit nous faire réfléchir au décours de cet exemple, c’est le fait que le nombre d’agriculteurs ne cesse de diminuer, et parallèlement le nombre de fonctionnaires dans ce secteur d’activité n’a pas cessé d’augmenter.
Ainsi le nombre de ces professionnels est passé de 1,2 million en 1980, et il est de 400 000 en 2024, cela lors que le nombre de fonctionnaires au ministère de l’agriculture est passé de 18 000 à 36 000 sur ce même laps de temps.
Par voie de conséquence si nous augmentons le nombre d’agents de l’Etat, nous devons prendre conscience du fait que ces personnes vont se démener pour trouver des poux sur la tête des agriculteurs.
Cela s’explique par les demandes itératives de justifications par voie dématérialisée ou non, mais aussi les contrôles réguliers chez des travailleurs qui ont pour certains de grosses difficultés pour boucler leur fin de mois.
Nous ne devons pas perdre de vue qu’en parallèle le niveau de vie de ces professionnels ne cesse de se réduire.
La concurrence étrangère est à l’origine de cette perte de bénéfice chez nos compatriotes agriculteurs qui sont dans l’obligation de respecter des lois européennes parfois incompréhensibles (cas des toilettes sur les barges des ostréiculteurs dans un autre domaine professionnel tout aussi sous pression).
C’est la raison qui pousse les agriculteurs à ne pas accepter le Mercosur, concurrence acharnée avec une mise sur le marché de produits qui n’ont pas été aussi (ou dans la majorité des cas pas du tout) contrôlés que chez nous.
De ce fait ils ont un coût plus faible, et le consommateur lambda va plutôt porter son choix vers ces denrées car il ne faut pas se leurrer les élans patriotiques de nos concitoyens ne sont pris en compte uniquement si le portefeuille n’est pas trop impacté.
Malgré cette situation très difficile pour des agriculteurs désespérés, nous voyons que cette catégorie de professionnel obtient la faveur des médias et du public (c’est mon cas d’ailleurs).
Tous les matins et soirs les journaux télévisés parlent du désespoir des agriculteurs, mais aussi mettent sur la table leurs revendications tout à fait légitimes il faut le dire.
Le cri de colère des médecins libéraux reste en sourdine
Parallèlement aux manifestations de mécontentement des agriculteurs qui est tout à fait acceptée par les français, les médecins libéraux sont également montés au créneau en faisant grève.
Le but de leur courroux tient au fait que la loi de financement de la sécurité sociale limite leur liberté d’action.
Contrairement aux agriculteurs ce mouvement n’est pas très bien relayé par les médias qui restent discrets ou donnent une version qui est souvent mal interprétée.
On met en avant le fait que ces professionnels sont des nantis, et ne pensent qu’à gagner plus d’argent sur le dos du contribuable.
Ce qui est quelque peu perturbant, c’est de voir que les partis politiques ne soutiennent pas ouvertement les libéraux.
Pire la ministre de tutelle a brandi la menace de réquisitions pour les médecins libéraux en zone déficitaire, et a mis en avant le fait que certains aiment garnir leur compte bancaire avec des dépassements d’honoraires très importants.
Il est vrai qu’elle a bien expliqué que cette attitude « coupable » ne concernait qu’un nombre limité de praticien.
Cependant le mal est fait, et les français ont à l’idée que les médecins libéraux sont des délinquants sur un plan financier.
L’exécutif oublie trop facilement que la prise en charge des patients est effectuée dans la très grande majorité des cas par le secteur privé, et qu’à ce titre il faut avoir la capacité d’écouter ces professionnels de terrain (ils ne sont pas dans des bureaux) qui œuvrent pour les patients.
Ce ne sont pas les hospitaliers qui officient en première ligne. Ils sont mis à contribution uniquement en cas de difficultés dans la prise en charge des patients qui consultent un médecin libéral (90% des prises en charge sont effectuées par les libéraux).
Alors pourquoi avoir autant d’aversion pour des professionnels qui pour un grand nombre ne déméritent pas ?
Tout simplement par démagogie, car on garde à l’esprit l’idée que ces praticiens ont les yeux rivés sur leur portefeuille, et n’ont pas la volonté de soutenir notre système de santé.
Or cette analyse est tout à fait erronée car avant toute chose il est fondamental d’aller à la rencontre de ces professionnels qui ne comptent pas leurs heures (ils en font bien plus que le public, et de ce fait sont souvent des contribuables de haut rang).
Les différents gouvernements ont pris des décisions pas nécessairement opportunes en favorisant un pan de notre système de santé (les hôpitaux), et ont oublié qu’il repose avant tout sur une base libérale.
Cet état de fait ne fera jamais l’objet d’un mea culpa, car en politique il est impossible d’accepter la faute.
Au-delà de ces propos nous voyons que deux professions sont vent debout vis-à-vis du gouvernement, deux professions indispensables pour nos concitoyens.
Malheureusement leur écoute, même si elle « semble » attentive, elle ne l’est pas réellement.
Le point commun entre les médecins libéraux et les agriculteurs est la liberté. Ils sont donc difficiles à contrôler. Ainsi que les artisans et tous les travailleurs indépendants. L’État a horreur de ce genre d’individus. Rendez vous compte, ils prennent des risques et des responsabilités tous seuls. Inadmissible; des gens dangereux. Cela fait des dizaines d’années que l’on entend que les médecins libéraux sont responsables du « trou » de la sécu, qu »ils ne pensent qu’au fric, quand ils ne sont pas des « rentiers » et autres insultes. Les agriculteurs sont en phase de destruction (un suicide tous les deux jours). Pour les médecins libéraux, ça vient. Un autre point commun dans notre beau pays : les plus utiles sont attaqués : soignants, agriculteurs, pompiers, policiers etc.. De quoi se poser des questions.
👍👏