Assez régulièrement les médias nous font part de situations pas nécessairement complexes où des personnes sont laissées pour compte, et nous interpellent également pour nous démontrer que les lois de la Républiques ne sont pas nécessairement appliquées.
Du fait de procédures parfois inadaptées, mais votées par nos énarques certains délinquants ont une facilité de passer dans les mailles du filet pour être libérés car les avocats ont trouvé des failles dans le système : le vice de procédure.
Tout aussi rageant est la mansuétude de certains établissements pénitentiaires, soutenus par certains partis politiques, il faut le dire, permettent à des prisonniers de bénéficier de certains avantages ou de soins de confort.
Les propriétaires de logement ne sont également pas épargnés par les absurdités d’un système législatif quelque peu déroutant.
C’es ainsi que certains locataires mauvais payeurs refusent de quitter leur appartement qui est, lorsque de très longues procédures permettent leur départ, vandalisé.
Les propriétaires, sous peines d’amendes salées, doivent être patients et doivent accepter cet état de fait.
Tout aussi régulièrement nous voyons dans les journaux les difficultés de certains édiles de communes qui dénoncent l’occupation illégale de terrains publics par certaines communautés qui n’ont pas eu de scrupules à faire payer l’eau et l’électricité par le contribuable.
Au sein du milieu scolaire nous sommes en tant que professionnels de santé interpellés par certains enseignants qui ne comprennent pas le manque de respect de certains élèves.
Ces éléments « perturbateurs » ne peuvent être sanctionnés, ou recevoir une punition comme il y a 30 ans de cela, tout simplement pour des raisons « éthiques » (elles sont jugées disproportionnées par les parents qui défendent rarement les enseignants).
De ce fait les élèves les plus attentionnés, ou ceux qui sont volontaires pour apprendre, ont de grandes difficultés à se concentrer dans un tel milieu peu encourageant.
Un de ces jeune qui a réussi à user ses fonds de culotte dans une université, et qui réussit brillamment, m’expliquait que lorsqu’il était en CM2, ses camarades ne comprenaient pas son comportement, et se moquaient de lui.
Ce dernier fréquentait l’école de République, et défiait les autres élèves en parcourant des ouvrages littéraires.
Nous sommes dans un pays démocratique, et il me semble impératif que tout citoyen soit logé à la même enseigne.
Nous ne devons pas accepter que la société dans laquelle nous évoluons devienne laxiste, et trop inégalitaire pour certains.
La santé un domaine également source d’inégalités
Très régulièrement les politiques pointent, principalement pour des raisons électoralistes bien entendu, le fait que certains français n’ont pas de possibilité accès aux soins du fait d’une répartition territoriale de professionnels de santé inégale.
Nous ne pouvons que souscrire à leurs idées, sans pour autant ne pas oublier le fait que la pénurie observée actuellement est due à leur volonté il y a plus de 10 ans d’être très sélectif au moyen du concours de 1ere année pour réduire le nombre de praticien actifs.
Par voie de conséquence le nombre de praticiens sur le terrain est assez limité, et il est vrai certains patients de zones rurales ou urbaines ont de réelles difficultés à se faire soigner.
Un autre sujet permet de pointer le problème d’inégalité en matière de prise en charge dans le domaine de la santé, c’est le problème lié à la mortalité néonatale.
Selon les données de la Dress, et de Santé publique France en 2024 11,2 enfants sont nés sans vie pour 1000 naissances, ou sont décédés dans la première semaine.
En parallèle la mortalité infantile est évaluée à 4,08 pour 1000 naissances.
Ce qui doit nous interpeller, au-delà de ces chiffres, c’est le fait qu’au niveau européen nous sommes très mal classés (21ème place en ce qui concerne la mortalité néonatale).
A l’origine de ces mauvais chiffres, la France semble être à la traine en ce qui concerne la prise en charge des prématurés avec des services sous tension.
Elsa Kermovant, présidente de la société française de néonatalogie explique que « les standards des soins n’ont été réactualisés depuis près de 30 ans. Le sous-effectif en matière de soignants est associé à une augmentation du risque de décès, et de complications chez les prématurés ».
Il existe d’autre part une plus grande proportion par rapport aux autres pays européens en ce qui concerne les malformations congénitales (3,5% au-dessus de la moyenne européenne).
Un autre point doit nous faire réagir sur ce sujet ; il s’agit d’une inégalité territoriale de prise en charge des femmes enceintes en ce qui concerne leur suivi.
Du fait d’une plus grande précarité de certaines populations concentrées sur une partie du territoire (elle est clairement identifiée par nos énarques d’ailleurs), une plus grande vulnérabilité en matière de soins est observée.
Bien entendu les pouvoirs publics ont pris conscience de cet état de fait, et pour essayer d’améliorer cette situation, et veulent développer un programme pour tenter de régler quelque peu cette problématique.
Pour ce faire une mission périnatalité a été lancée avec la création d’une instance de coordination.
Le but étant bien entendu de mieux encadrer les femmes enceintes vivant dans la précarité.
Une nouvelle fois les pouvoirs publics se sentent obligés de créer une instance supplémentaire pour mener à bien une problématique très importante.
Ce n’est pas certain qu’en ayant l’idée de créer une nouvelle fois une commission supplémentaire que nous arriverons à améliorer les chiffres concernant la mortalité néonatale.
Comme le souligne Charlotte Bouvard (présidente de l’association SOS préma) : « Tant que ce n’est pas concret, je n’y croirai pas ».
Nous comprenons très bien qu’il soit nécessaire de mieux organiser la filière de néonatalogie.
Cependant pour arriver à des résultats il va falloir mieux organiser :
- Un maillage pertinent des maternités
- Une augmentation importante des effectifs au sein des services de néonatologie
Il est certain que ce n’est pas en agissant une nouvelle fois derrière des bureaux que nous arriverons à améliorer la discrimination aux soins.
Il est indispensable pour arriver à du résultat d’aller consulter la base, et l’écouter.
C’est la solution le plus pertinente qui permettra de limiter l’inégalité concernant cette prise en charge.