Il y a quelques jours de cela, un journaliste a réalisé un reportage concernant la pénurie de professionnels de santé au sein des établissements hospitaliers en période estivale, déficit pouvant compromettre la santé des patients du secteur géographique concerné.
Il est vrai que certains services ont des difficultés pour trouver des soignants (je parle des médecins dans ce cas) pour permettre un bon fonctionnement des unités en charge des urgences.
De plus en été, tout comme la majorité de nos concitoyens, les professionnels de santé souhaitent prendre des vacances ce que nous pouvons aisément comprendre.
En reprenant le fil de notre discours, nous avons pu voir dans un premier temps en Gironde (Sainte Foy La Grande) une séquence où certaines personnes ont partagé leur consternation suite à l’annonce d’une fermeture du service d’urgence de l’hôpital de cette cité, et ce jusqu’en fin septembre.
De manière tout à fait professionnelle le journaliste a pointé du doigt le fait que les éventuels patients nécessitant des soins urgents doivent être orientés vers l’hôpital de Bergerac distant de 25 km de cette cité.
Ce qui est quelque peu perturbant, c’est de voir que Sainte Foy La Grande est une petite ville de 2500 habitants (évaluation réalisée en 2023), et que si nous prenons la ville d’Argelès au bord de la Méditerranée 10 000 habitants y vivent annuellement (chiffre qui est multiplié par 8 ou 10 en période estivale).
Or cette station balnéaire des Pyrénées Orientales est située à 21 km du premier centre hospitalier qui est sur Perpignan.
De tout temps la population s’est adaptée à cette absence de proximité des services d’urgence, et elle a pu se débrouiller pour arriver à obtenir des soins de qualité sur ce secteur d’une autre manière qu’en se précipitant vers une unité hospitalière.
Le choix d’Argelès sur mer n’est pas anodin, car cette ville est proche de mon lieu d’activité, et très régulièrement mon cabinet médical est sollicité pour intervenir auprès de certains patients qui sont pris en charge, cela sans aucune distinction concernant leur origine géographique (l’ensemble des professionnels de santé du cabinet est associé à la prise en charge de ces patients).
Ce qui pose également quelques questions dans le reportage, c’est le fait que le journaliste a « étoffé » son reportage en questionnant des délégués syndicaux d’aides-soignants.
Or il aurait été plus judicieux de discuter avec les principaux concernés : les urgentistes.
Ces soignants sont les maillons forts de notre système de santé au sein des services des urgences.
Les libéraux un maillon fort du système de soins !
On oublie trop facilement l’importance des médecins libéraux en ce qui concerne la prise en charge des patients, mais aussi dans la gestion de la permanence des soins.
En reprenant l’exemple de la Côte Vermeille (comprenant de nombreux villages dont Argelès, Banyuls…) situé à la frontière avec l’Espagne, certains collègues ont alerté les pouvoirs publics du fait d’un maillage pas assez « cadré » en ce qui concernait la permanence des soins.
Conscients de l’intérêt pour la population de recevoir des soins de qualité en dehors des périodes ouvrables ils se sont mobilisés pour qu’une maison de santé puisse voir le jour.
Ce qui est remarquable, et va à l’encontre des idées régulièrement distillées par les médias, la création de ce pôle libéral est à l’initiative de jeunes confrères qui œuvrent pour le bon fonctionnement de cette unité.
Leur engagement pourrait faire pâlir certains politiques, ou contredire les colportages inadéquats.
De ce fait c’est avec satisfaction que certains d’entre nous intervenons pour qu’un médecin puisse être présent hors des périodes non ouvrables.
Cet exemple n’est pas, je le pense, le seul de notre pays.
Aussi lorsque le reportage qui traitait de la pénurie d’urgentistes au sein des établissements hospitaliers, nous ne pouvons qu’être surpris par la réflexion d’un jeune patient porteur d’une maladie inflammatoire colique.
Ce dernier expliquait se rendre régulièrement vers un centre hospitalier du fait de douleurs.
On oublie trop fréquemment que cette problématique peut être résolue grâce au concours des libéraux qui sont disponibles que ce soit en période ouvrable ou non.
D’autre part, et ce qui est quelque peu choquant dans ce reportage, c’est le fait qu’on ne parle que des établissements hospitaliers.
Or les cliniques sont également une des alternatives pour assurer des soins de qualité, et malheureusement les médias oublient trop fréquemment leur rôle.
Toujours en prenant exemple le département des Pyrénées Orientales, lieu de mon exercice professionnel, nous très heureux de savoir qu’une assez bonne entente existe entre le public et le privé.
Cela réduit quelque peu l’engorgement des urgences des centres hospitaliers, et permet aux patients d’avoir des soins de qualité.
A ce titre je souhaite applaudir des deux mains les deux collègues qui officient dans une de nos sous-préfecture (il s’agit de Céret) au sein du service de médecine de la clinique.
Ils nous aident grandement pour prendre en charge des patients qui nous posent des problèmes diagnostic.
Une meilleure approche de la pénurie de professionnels, c’est d’aller vers eux
Le journaliste qui a réalisé le reportage télévisé ne s’est pas posé réellement de questions pertinentes concernant la pénurie des médecins.
Il a tout bonnement oublié le fait que certains professionnels libéraux savent se retrousser les manches pour aider les autres confrères hospitaliers.
Il aurait été intéressant également d’aller rencontrer un médecin généraliste en milieu rural ou semi-rural pour comprendre la difficulté du travail qui est journellement effectué.
De plus il est utile également de venir sur le terrain pour voir qu’une grande partie d’entre eux sont de grands humanistes.
Pour ce faire notre éminent reporter peut venir dans mon cabinet.
Il sera accueilli avec courtoisie, et pourra avoir une idée concernant la charge de travail des libéraux