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Un métier, une vie…

Il est parfois de trouver son chemin professionnel lorsqu’on a 18 ans.

Malgré la participation parfois effective sur certains salons, l’étudiant reste perplexe en ce qui concerne son avenir.

Il écoute souvent les propos de ses parents, et de ses relations proches, pour avoir des idées plus précises sur son futur dans le cadre professionnel.

Cependant dans certains cas ce jeune adulte a déjà la volonté de se former dans une discipline qu’il affectionne  depuis des années, soit en étant un acteur de cette profession (cas d’un jeune ayant assisté un enseignant qui avait la passion de son métier) soit faisant suite à un coup de cœur.

Les études médicales fascinent de nombreux bacheliers qui se projettent vers un métier humaniste, mais aussi qui incitent à une remise en question permanente.

Débuter l’enseignement universitaire, c’est aussi prendre en compte le fait que ce monde est très accaparateur, et souvent nécessite certains sacrifices (en 1ème année notamment, et ensuite à partir de la 4ème année) avec à la clé une vie spartiate.

Néanmoins nombreux sont ceux qui acceptent ce challenge, et courbent l’échine pour arriver à devenir docteur en médecine.

Arrivé en fin d’étude ils exercent leur profession avec souvent du dévouement, et des idées plein la tête.

Il est certain que les nouvelles générations, et nous pouvons aisément le comprendre, se refusent de sacrifier leur vie privée.

Ils ont œuvré durant près de 10 ans pour que leurs connaissances soient optimales pour être au service des patients.

Passé cette période nous comprenons facilement qu’ils ont le souhait également d’avoir une vie privée de qualité.

Malgré cette nouvelle donne qui peut dans certains cas ne pas satisfaire certaines personnes habituées au dévouement sans bornes de ces professionnels, nous ne devons pas oublier que nombreux sont ceux qui ont un humanisme hors du commun.

Nous voyons dans certains services hospitaliers des médecins qui malgré des réflexions parfois inadaptées de certains patients, les soignent avec le sourire et se mettent à leur service.

On oublie trop fréquemment que les médecins sont aussi des êtres humains, et parfois ils n’arrivent plus à absorber la charge mentale engendrée par des heures de travail démesurées.

Selon une étude réalisée en 2020 par la CARMF (caisse autonome de retraite des médecins français) 51% des médecins sont en burn out (1).

Ce chiffre doit nous interpeller, car il nous montre que ces professionnels de santé ne sont pas des robots.

Ce qui donne froid dans le dos, c’est le fait que cette donnée est en hausse de 20% depuis 2016.

De plus les jeunes générations de médecins ne sont pas épargnées par ce « fléau ».

Ils sont également concernés par cette situation pour 46% d’entre eux.

On oublie trop facilement que les praticiens en charge de la santé de nos concitoyens ont dans certains cas une fragilité qui pousse ces derniers à arrêter leur activité.

Une raison de plus pour que les médecins se serrent les coudes

Certains confrères sont conscients de cette situation, et s’impliquent au sein de certaines institutions (cas des conseils départementaux de l’ordre qui ne sont pas pour la plupart d’entre eux des structures qui dépensent l’argent sans compter des médecins) pour venir en aide à ces collègues en difficulté.

Ces confrères veulent montrer à ceux qui ont une détresse psychique qu’ils ne sont pas seuls, et peuvent avoir une épaule sur laquelle ils peuvent se reposer.

Des unités psychiatriques sont également dédiées aux professionnels en burn out.

En parallèle des associations tendent la main également aux jeunes étudiants ou aux apprentis (on oublie trop facilement ces adultes que l’on pense invincibles).

C’est le cas d’article 1 qui souhaite par son action favoriser la réussite dans les études, et l’insertion professionnelle de jeunes (2).

Des mentors (ce sont des professionnels passionnés dans leur spécialité, et volontaire pour partager leur amour du métier) viennent en soutien pour ces adultes (dans 75% des cas ils appartiennent à des « milieux populaires »).

J’ai été « harponné » par des messages publicitaires par article 1.

Sans hésitation j’ai accepté d’être un mentor pour des jeunes étudiants en médecine issus de milieux peu favorisés.

A ma grande surprise j’ai pu faire la connaissance de Joël*, et Fayrouz* qui ont voulu mieux connaître une profession qu’ils ne connaissent pas très bien, et veulent qu’une oreille attentive puisse les écouter, et répondre à certains de leurs maux.

Ce partenariat permet de se sentir utile (c’est mon cas), mais aussi montrer qu’au sein de notre profession il est important de s’entraider.

De plus nous ne devons pas perdre de vue que ces jeunes générations seront dans les années qui vont venir les piliers de notre système de soins.

Aussi est-il important de leur apporter notre expertise, et leur donner les armes pour se défendre de situations parfois difficiles.

Ces deux étudiants apprécient grandement cette main tendue qui leur permet de répondre à des questionnements parfois complexes.

En ce qui concerne Joël (il est en 3ème année de médecine), le caractère dysfonctionnel familial l’a conduit à se confier en ce qui concerne ses craintes, et ses déceptions.

Il a pu également se confier sur ses difficultés d’intégration avec les autres étudiants de milieux plus aisés.

En ce qui concerne Fayrouz, elle apprécie les différents messages d’encouragements envoyés très régulièrement pour se concentrer sur ses cours, et préparer son examen final (ce n’est pas réellement un examen, mais un concours assez difficile).

Je suis très heureux de connaître cette association qui m’encourage également à poursuivre mon parcours professionnel.

En aidant les autres, on se sent utile ce qui est également une manière d’éviter le burn out.

En étant solidaire nous pouvons mieux affronter les difficultés d’un quotidien parfois difficile, et ne donnant pas ans certains cas la possibilité de quelconque concession.

«  La fraternité n’est qu’une idée humaine, la solidarité est une idée universelle » Victor Hugo.

 

  • * les prénoms ont été volontairement modifiés

 

  1. https://www.branchet.fr/burn-out-des-medecins-causes-signes-distinctifs-et-solutions-proposees/
  2. https://article-1.eu/

Dr Pierre Frances

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