Certains articles mettent en lumière certaines dérives concernant la prise en charge des enfants :
- C’est le cas dans les foyers éducatifs, où très régulièrement des signalements sont effectués pour dénoncer le manque de moyens (personnel, et également sur un plan matériel), mais aussi certaines dérives inadmissibles (cas notamment des jeunes mineurs qui se prostituent pour acheter de la drogue). Plusieurs reportages télévisés ont été réalisés, reportages qui nous ont montré une image peu positive de certains foyers
- Dernièrement des parents se sont insurgés du fait d’abus sexuels concernant leurs enfants. Il s’agissait de dénoncer les actes pédophiles survenant au sein des certains établissements scolaires parisiens. Un nombre important de suspension d’activité de certains encadrants dans le secteur périscolaire a été acté par les pouvoirs publics
Ce qui est souvent difficile à accepter c’est le fait que de tels agissements coupables sont souvent ignorés, ou mis sous silence.
En ce qui concerne l’ASE (aide sociale pour l’enfance) qui a pour rôle une protection des enfants en danger au sein de la sphère familiale, nous notons souvent une certaine inertie (ou dirons-nous des balbutiements) en ce qui concerne les actions déployées pour éviter tout traumatisme de ces jeunes, tant sur un plan physique, que psychologique.
Leur accompagnement est souvent aléatoire, et lorsqu’ils deviennent majeurs ils sont dans de nombreux cas très déstructurés en ce qui concerne leur personnalité.
Il est de ce fait très difficile qu’ils puissent obtenir une place au sein de la société, et ils sont souvent marginalisés.
En tant que professionnel travaillant dans des centres de sans-abris, je retrouve une majorité de jeunes adultes ayant été dans des foyers, et ces derniers présentent pour une grande majorité d’entre eux des problèmes d’addiction et de pathologies psychiatriques.
Le plus fréquemment ils n’ont aucune qualification professionnelle, et ne sont pas apte à travailler du fait de nombreuses problématiques.
En ce qui concerne les voix qui se sont exprimées vis-à-vis des animateurs périscolaires pédophiles parisiens, les conséquences sur un plan de psychique pourront être à moyen terme tout aussi dramatiques.
En effet les attouchements, voire dans de rares cas heureusement de viols, survenus sur les jeunes enfants peuvent être générateurs de comportements anormaux chez les adolescents.
Ce qui est quelque peu déstabilisant, c’est de savoir (c’est la même situation que les enfants de l’ASE) qu’au sein des établissements parisiens certains directeurs d’école ont minimisé ces situations tout à fait inacceptables.
Tout aussi embarrassant est le laxisme en matière pénale des contrevenants, et certains journalistes de presse (cas de Libération, et du Monde) restent perplexes du fait des réactions peu réactives vis-à-vis de ces événements de la part des élus.
Il est certain qu’il n’est pas concevable de laisser les loups dans la bergerie, mais n’est-il pas possible d’effectuer un choix très orienté, ce qui évite de telles dérives ?
Il faut une nouvelle fois reconnaître que les personnes recrutées pour surveiller les enfants sont souvent mal payés, et de ce fait on ne fait pas la fine bouche en ce qui concerne les choix « imposés ».
Une priorité qui n’est pas la même pour tous
Le Monde le 28 févier a développé le sujet de la protection de l’enfance.
Un article rédigé par Solène Cordier a mis en lumière une triste réalité.
En fait le projet de loi concernant la protection de l’enfance, qui a été rédigé par l’actuelle ministre de la santé, ne sera pas nécessairement pris en compte par les députés avant de très nombreux mois.
Alors que Stéphanie Rist avait émis le souhait que cette loi puisse être examinée par les députés de l’hémicycle, nous avons appris qu’il n’a pas été inscrit à l’ordre du jour avant la rentrée (et nous ne sommes pas certain que ce sera le cas avant la fin de l’année).
Comme cela a été évalué de manière rigoureuse, les ruptures en rapport avec le parcours des enfants confiés à la protection de l’enfance ont été évaluées sur un plan épidémiologique à 400 000 enfants (ce chiffre est en hausse de 50% en 20 ans !).
Cette très nette augmentation du nombre des enfants en difficultés s’explique facilement : elle est due à une plus grande précarité des familles, mais aussi une évolution de la société qui fait la part belle à certains comportements.
Le Cnape (fédération de protection de l’enfance) a été très explicite quant à cette nouvelle donne :
« Le gouvernement semble renoncer à faire de ce sujet une priorité de son action de fin de mandature ».
Comme une manière d’expliquer que ce projet de défense des droits de l’enfant ne restera pas dans les cartons, la députée socialiste Mme Isabelle Santiago nous explique :
« La volonté du gouvernement de faire passer le texte est intacte, mais compte tenu des contraintes de calendrier, l’option envisagée est de la faire passer sous forme de proposition de loi ».
S’agit-il de propos tenus pour désamorcer toute contestation, ou une réelle volonté de la part de cette élue de la république ?
Il est vrai que d’autres sujets ont cristallisé l’exécutif, mais aussi les citoyens (ils ont sur ce sujet d’ailleurs des avis souvent divergents) : la loi concernant l’euthanasie et le suicide assisté.
On s’est rendu compte de l’obstination du gouvernement à faire accepter par les députés, mais aussi les sénateurs, cette loi.
Nous voyons qu’en fonction de la volonté de l’exécutif certains sujets sont plus prioritaires que d’autres.
On peut se poser la question dans ces deux cas de figure si l’argument financier n’est pas à l’origine de tels choix ???
Il est vrai qu’en ne développant que très peu l’offre concernant les soins palliatifs on effectue des économies substantielles.
A contrario financer les établissements venant en aide aux enfants présentant des carences familiales a des grandes chances de plomber les finances publique (ce n’est pas trop la priorité actuelle).
Comme l’a dit Bernanos Georges : « Le monde va être jugé par les enfants ».
Aussi nous devons leur apporter bien être, et nous avons comme mission de les aider pour qu’ils deviennent des adultes responsables.
De cette manière nous pourrons être fiers de nos actions pour les plus jeunes.