Pas plus tard qu’il y a quelques jours de cela j’ai reçu une femme d’origine Afghane qui avait du fuir, avec perte et fracas, la répression de son pays.
J’ai pu facilement discourir avec cette dernière, car avant l’arrivée des talibans elle était professeur d’anglais (c’est une langue que j’aime bien pratiquer avec les anglophones).
Cette dernière a pu s’exfiltrer de son pays d’origine, cela avec l’aide d’associations humanitaires venant en aide aux intellectuels, lesquels n’ont plus le droit de s’exprimer librement depuis l’arrivée de ces extrémistes.
Ce qui m’a quelque peu choqué, ce sont les régressions observées, et actées, concernant les droits des femmes que cette personne m’a narrés.
Ainsi elles ne peuvent plus faire des études supérieures, sont cloitrées dans leur maison (on arrive même à murer les fenêtres pour éviter les regards impudiques dont les femmes sont jugées responsables), et ne doivent en aucun cas quitter leur domicile sans être couvertes de la tête aux pieds.
Ce qui m’a donné froid dans le dos, c’est d’écouter le récit de cette patiente, et concernant un fait concernant une collègue qui n’acceptait pas la radicalisation de son époux.
Cette enseignante lui a fait comprendre qu’ils n’avaient plus les mêmes idéaux.
Le mari a compris manifestement que cette dernière n’accepterait jamais la nouvelle donne prônée par les talibans.
Par voie de conséquence, et dans un but de vengeance, cette dernière a été dénoncée par son époux comme étant infidèle.
Elle a été, avec une rapidité déconcertante, lapidée sur la place publique sans l’ombre de quelconque procès.
Ce choix du site était, avant tout, favorisé par la démagogie du pouvoir en place qui souhaitait de cette manière montrer qu’il était le visage de la terreur.
Personne n’avait le droit de s’y opposer sous peine de subir le même châtiment.
Revenant à notre patiente, je me suis empressé de lui demander les raisons de sa présence dans mon cabinet.
Elle m’a rapidement expliqué, qu’après avoir montré sa désapprobation vis-à-vis du régime en place, elle avait du essuyer des menaces, et des coups ont été portés par les très répressives brigades des mœurs.
En parallèle elle a été blessée (coups de matraques), et elle a été brûlée sur les jambes.
Cette charmante, et émouvante patiente, souhaitait en venant à mon cabinet que je puisse lui donner des pansements pour que les plaies béantes puissent cicatriser convenablement.
Avec beaucoup de pudeur elle m’a expliqué qu’elle n’avait pas de couverture sociale, et je lui ai fait comprendre que le rôle d’un médecin est avant tout de soigner sans demander de rétribution à l’indigent (serment d’Hippocrate).
Au-delà de cette histoire qui m’a émue du fait de son authenticité, je me suis posé quelques minutes sur le fauteuil de mon cabinet pour avoir une réflexion approfondie sur la situation des femmes qui ne peuvent pas aspirer à une vie libre.
Et les droits des femmes en France !
En France des manifestations sont effectuées régulièrement pour mettre en avant les droits des femmes.
Une évolution de la condition féminine, depuis les manifestations des suffragettes au début du 20ème siècle, est actée de manière très positive de nos jours.
Bien que dans certains domaines la rémunération des femmes ne soit pas identique que celle des hommes (ce n’est pas le cas dans ma profession, et pour les fonctionnaires par exemple), nous pouvons dire que les femmes ont obtenu des droits dans de très nombreux domaines (quasiment tous) superposables à ceux des hommes.
Une journée (le 8 mars 2025) avait été dédiée aux droits internationaux des femmes.
Dans notre pays cette journée a eu pour but de mettre en avant l’égalité entre les deux sexes pour permettre une plus grande émancipation de la gent féminine.
Nombreuses associations (certaines avaient à ma grande surprise une certaines connotation politique) ont scandé durant des manifestations, qui ont eu pour cadre les grandes villes françaises, l’importance d’un respect du droit des femmes.
Cependant, et à mon grand regret, je n’ai pas entendu de voix suffisamment puissante pour qu’un positionnement afin de proposer une aide pour les femmes vivant un calvaire dans certaines communautés internationales.
Aucun journaliste présent durant ces rassemblements n’a parlé d’un souhait de ces manifestantes d’aller au devant de ces femmes, qui voient leur liberté bafouée, cela en effectuant des exfiltrations pour éviter qu’elles ne soient martyrisées par des montres avides de pouvoir.
J’ai été quelque peu interrogatif suite aux propos du Haut Commissaire de l’ONU qui s’exprimait en décembre pour défendre les droits des femmes (1) :
« Aucun pays ne peut progresser, politiquement, économiquement, ou socialement, en excluant la moitié de sa population de la vie publique ».
« Pour l’avenir de l’Afghanistan, les autorités de facto doivent changer de cap ».
Ces paroles sont tout à fait justes, mais ce ne sont pas des actes, et nous regardons tous (je suis de cela bien entendu) en tout impunité une régression des droits des femmes dans certains pays.
« Plus la peur de l’échec progresse, plus le courage d’essayer régresse » Nabil Alami.
Il faudra du temps, et de l’obstination de ces femmes pour se rebeller, cela en étant victimes pour certaines de violences parfois insoutenables.
- https://www.20minutes.fr/monde/afghanistan/4137431-20250207-afghanistan-effacement-droits-femmes-apartheid-genre