Il y a quelques jours de cela nous avons appris, avec étonnement et dégoût, le décès d’une personne qui était maltraitée en direct sur des réseaux sociaux.
Ce qui est quelque peu étonnant dans cette histoire, c’est de voir qu’un journaliste avait déjà pointé du doigt les dérives de cette plateforme créée pour partager de la violence il y a près de 6 mois de cela.
Ce qui est triste dans ce cas de figure, c’est de voir que les pouvoirs publics (tribunal, ARCOM, et ministère en charge du numérique) étaient au courant de telles dérives, mais n’ont pas bougé d’un iota pour intervenir.
Pire, au lieu d’endosser la responsabilité de leur inaction, ils se sont contentés de rejeter la faute sur d’autres organismes ou d’autres personnes.
Plusieurs autres écueils doivent également nous interpeller :
- Le fait qu’il n’y ait pas eu de discussion entre les différents responsables en charge de répression d’un tel dispositif (le cloisonnement entre structures est-il admissible ? A mon avis non).
- Le fait que derrière cette dramatique affaire, nous avons un nombre non négligeable de personnes qui étaient des spectateurs derrière leur écrans, et qui se sont délectés des sévices infligés à cette personne
Une journaliste d’une radio (Mme Saporta) n’a pas hésité à fustiger les différentes personnes qui n’ont pas levé le petit bout du doigt, situation quelque peu embarrassante d’autant plus qu’elles étaient au courant de telles dérives.
Ce qui m’a quelque peu perturbé dans son raisonnement, c’est le fait qu’elle a mis en cause la ministre en charge du numérique pour son inaction, mais surtout par le fait qu’elle était certainement préoccupée par son avenir professionnel.
J’espère que de telles informations ne sont pas justes, et que cette ministre qui doit incarner les valeurs de la république a les capacités de justifier les raisons de son inaction.
Par ailleurs l’ARCOM a été également mis en cause dans ce fait divers qui est dramatique du fait de son absence de réaction.
Il est vrai que le nombre d’agents de cette structure n’est pas suffisant pour arriver à assurer des fonctions de qualité (ces personnes ont néanmoins été promptes à exiger la suppression de 2 chaines de télévisions, cela sans le moindre discussion).
Les sites prônant la violence, et même la torture, sont visiblement moins dangereux aux yeux de ces personnes de l’ARCOM que des programmes parfois diffamatoires ou de peu d’intérêt (il n’y avait pas que cela sur ces chaines d’ailleurs, ce qui na pas fait sourciller l’ARCOM, chaines qui ont du licencier un bon nombre de personnes) diffusés sur certains canaux.
On se décharge facilement de situations délicates en trouvant un responsable de choix : le professionnel de santé libéral
Cette situation, aussi dramatique soit-elle, nous fait pointer du doigt une réalité que nous vivons tous journellement au sein de nos cabinets médicaux.
En fait depuis des années nous sommes confrontés à des demandes parfois étonnantes, ou en provenance d’administrations qui ne sont pas capables (ou plutôt n’ont pas la volonté) d’être responsables.
De nombreux fonctionnaires ou assimilés rechignent à assumer des tâches pour lesquelles ils devraient être assujettis.
C’est le cas notamment des éventuels (car en tant que professionnels de santé il est parfois difficile de faire la part du vrai et du faux) sévices infligés aux enfants.
Au sein de chaque conseil départemental des cellules ont été crées pour gérer théoriquement ces situations, mais n’acceptent pas leur part de responsabilité.
Il est en effet plus facile de demander l’avis d’un médecin qui va mouiller sa chemise, et prendra le risque d’être convoqué par ses pairs ordinaux.
Personnellement je n’accepte pas cette situation, et je rejette la responsabilité vers la cellule chargée de cette prise en compte avec mail transmis au conseil de l’ordre et au procureur.
Je ne me mouille pas, fais part de mon interrogation, et explique que certains agents du service territorial sont plus à même d’avoir des idées plus claires que moi sur ce sujet.
Quelque peu problématique est la question de la vaccination pour HPV en milieu scolaire.
Une campagne débutée en septembre 2023 (on n’a rien proposé en ce qui concerne ce programme de « grande envergure » aux acteurs de terrain travaillant dans le domaine de la santé) a montré que seulement 10% des élèves avaient reçus une dose de vaccin (1).
De ce fait on demande (la sécurité sociale notamment) via le réseau des professionnels de santé (CPTS notamment) d’intervenir pour assurer une couverture digne de ce nom.
Comme quoi sans les libéraux on n’arrive pas aux objectifs voulus !
En plus on tente souvent de les culpabiliser dès lors que des actions de prévention n’ont pas atteints les objectifs voulus.
Parlons aussi de certaines assistantes sociales qui sont souvent harcelées par certaines personnes qui veulent recevoir une rétribution, et ne sont pas ravies d’apprendre qu’il n’y a pas cette possibilité.
Pour faire face à cette population souvent agressive, ces professionnels ne trouvent rien de mieux que de demander la rédaction d’un certificat d’adulte handicapé (cela peut être pour un simple mal de doigt) que le médecin devra remplir.
La dernière, et la plus croustillante, revient dernièrement à France Travail qui m’a demandé de rédiger un formulaire identique pour un patient qui refusait les offres d’emplois.
- Vaccination HPV au collège : Faible mobilisation. https://www.sida-info-service.org/vaccination-hpv-au-college-faible-mobilisation/