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A propos de la liberté d’expression

Très fréquemment la presse française nous informe de faits concernant la détention, ou les menaces subies, de journalistes qui n’ont pas la même idéologie que les forces politiques de leur pays.

Récemment nous avons appris que les autorités russes avaient mis fin à l’activité d’un journal d’opposition : Novaïa Gazeta.

Les autorités russes ont accusé ce média d’être à la solde d’agents étrangers.

Comme le souligne le journal Libération cet organe de presse avait été contraint de poursuivre son action d’information grâce à l’utilisation des réseaux sociaux, car la publication papier n’était plus acceptée.

Le rédacteur en chef (Sergueï Sokolov) a publié, suite à l’interdiction de poursuivre l’activité de presse, un manifeste très émouvant, et tout à fait juste au demeurant :

« On nous a tués. Le 9 novembre nous éteindrons la lumière dans la maison où nous avons vécu trente ans, nous couperons les serveurs et nous partirons. Le journal n’existe plus. Les autorités russes et les services secrets russes ont contraint la rédaction à cesser son activité ».

Les caciques du pouvoir en place dans ce pays musèlent toute opposition, et toute information concernant les forces armées.

Si des propos sont jugés diffamatoires, ils peuvent conduire à de la prison.

Tout soutien médiatique au peuple ukrainien de la part du citoyen lambda est également passible de poursuites judiciaires.

Ce cas de figure n’est pas unique car à Hong Kong, territoire administré par la Grande Bretagne, et qui a été récupérée par les autorités chinoises, avait accepté initialement le principe d’une liberté de parole.

Cependant après des manifestations hostiles vis-à-vis du pouvoir chinois, une reprise en main a été effective.

Depuis cette période les délits d’opinions peuvent conduire à des peines de prisons parfois très sévères.

Une loi concernant la sécurité nationale a été votée le 30 juin 2020 : le but étant de sauvegarder la souveraineté nationale.

Des médias d’opinion comme l’Apple Daily ont dû mettre la clé sous la porte, cela sous la contrainte bien entendu.

Les critiques formulées suite à certaines répressions du pouvoir peuvent conduire à des peines de prisons parfois sévères.

Certaines associations dissidentes ont été dans l’obligation de disparaître, ou de renaitre dans d’autres contrées.

Le magnat des médias Jimmy Lai démocrate a été poursuivi du fait de ses avis très critiques visant le dirigeant chinois, lesquels ont été publiés sur la toile.

Le militant Tony Chung a été également arrêté du fait de ses opinions contraires à la moralité imposée par Xi Jinping.

La Chine a également mis sur le banc des accusé une idole du football français qui a osé caricaturer le grand timonier.

Cette offense a été à l’origine d’une mise à l’index de différents produits sur lesquels figurait le visage de cette célébrité.

Ce qui est remarquable, et quelque peu énervant, c’est de voir que les politiques des pays dits démocratiques n’ont pas défendu notre star du football, et ont fait amende honorable vis-à-vis d’un pouvoir peu démocratique qui n’accepte pas la critique.

Un autre fait a récemment défrayé la chronique : un journaliste (Rabie Al-Ablaq) a osé défier le pouvoir.

Ce dernier, récidiviste au demeurant (il avait défié le roi lors de manifestations en 2016-2017, et avait été gracié par son altesse royale en 2020), a mis en ligne des vidéos qui critiquaient la corruption et les disparités sociales dans son pays.

Ce dernier a été condamné à 4 ans de prison, et parallèlement il devra s’acquitter d’une amende de 1 900 euros.

Une autre militante marocaine (Saïdi El-Alami) a été arrêtée du fait de propos jugés inadaptés sur la toile.

Elle attend avec impatience son procès.

Bien entendu ces exemples nous montrent que des pays où l’autoritarisme règne, la parole ne doit pas contredire le pouvoir en place sous peine de sanctions parfois très lourdes.

Il est certain que la liberté d’opinion peut conduire parfois à des manifestations violentes pouvant être responsables de la destitution des rois ou des despotes.

La liberté d’expression au sein des démocraties

Aux Etats Unis le premier amendement à la constitution interdit l’Etat de porter atteinte à la liberté d’expression.

Les médias peuvent être même diffamatoires, mais en aucune manière il est admis de prôner la violence.

Cette prise en compte peut conduire bien entendu à des dérives avec des journalistes qui ont des opinions bien trempées, et n’ont pas de scrupules à scander des slogans ou diffusent des discours parfois critiquables.

N’étant pas dirigés par des dictateurs, la France a voulu depuis la révolution donner libre cours aux débats d’opinions, cela en refusant toute idée de censure.

Cependant depuis quelques années nous voyons que des tentatives de mise à l’index de certains journaux d’opinions, ou de chaines de télévision sont récurrentes.

Dernièrement certains députés (ils appartiennent au même groupe politique) sont montés au créneau pour demander la fermeture d’une chaine de télévision du fait d’idées jugées extrémistes.

Cette action semble tout à fait anti-démocratique, et nous montre qu’il est important de respecter la pluralité de l’information, cela même si elles ne sont pas nécessairement dans les clous car le législateur est censé intervenir pour remettre en ordre certaines dérives.

Dans les faits nous remarquons que des tentatives de censures, ou des regards assez bienveillants sur des faits reviennent régulièrement sur le tapis.

Nous ne pouvons plus nous exprimer comme il y a 30 ans car nos paroles peuvent être récupérées, voire déformées par l’interlocuteur que nous avons en face.

Pire, dans certains cas une récupération de nos discours est partagée sur la toile, et en étant parfois déformés génèrent une discrimination pour celui qui est à l’origine de telles actions.

Nous ne devons jamais oublier qu’il est très intéressant, pour avoir ses propres convictions, de lire ou de regarder sur la toile les propos de différents partis politiques sans faire de discrimination.

C’est de cette manière que nous pouvons faire avancer notre propre opinion sur des faits dont l’éclairage varie en fonction des médias.

C’est la raison qui me conduit à avoir des abonnements pour des journaux ayant des idées très différentes les unes des autres.

Ce n’est pas qu’un choix, c’est une manière également de monter un attachement aux valeurs de la république.

Le pluralisme idéologique doit être respecté dans notre pays.

Dr Pierre Frances

Médecin généraliste des Pyrénées Orientales depuis plus de 25 ans, mon travail s'axe sur plusieurs éléments: - La prise en charge des patients de mon secteur géographique - L'écoute et le soin des plus démunis au sein de 3 structures dédiées aux sans domicile fixe Très heureux, et passionné par mon métier, je peux de cette manière partager cette expérience avec des étudiants, mais aussi d'autres professionnels par le biais d'articles régulièrement rédigés

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