Le 17 octobre est une date qui restera dans nos mémoires.
Outre les manifestations pour dénoncer la vie chère, mais aussi le manque d’écoute de nos dirigeants, cette journée a été l’occasion de voir qu’une frange de la population n’est plus en phase avec les idéaux de notre société.
Nous ne pouvons que souscrire au fait que les conditions de vie de nombreux citoyens deviennent difficiles consécutivement à des prix qui ne cessent d’augmenter, et des taxes et impôts (ils ne sont payés, il faut le souligner que par seulement 46% des français).
Parallèlement les conditions de travail se détériorent du fait de contraintes (majoration des prélèvements, demandes de documents administratifs de plus en plus complexes…) difficilement assumées par certaines entreprises pour survivre, et un taux de chômage qui ne cesse de grimper.
Très régulièrement, et malgré une hausse continue des prélèvements de toute sorte, nous apprenons par les médias que nous dépensons trop, et que le poids de notre dette devient intenable par rapport aux autres pays européens.
Par ailleurs les déplacements en voiture sont générateurs de réflexions récurrentes du fait du prix de l’essence qui ne cesse d’augmenter.
Par voie de conséquence nous pouvons entendre aisément les raisons de la colère du peuple qui ne comprend pas le fait que l’exécutif ne soit plus à son écoute, et reste dans sa tour d’ivoire.
Mais nous ne devons pas perdre de vue que le français moyen est attaché aux valeurs de la république, et s’indigne du fait que derrière des manifestations témoignant d’un important mécontentement, certains voyous n’ont pas de honte à casser des biens publics et des établissements tenus par des personnes qui travaillent dur (ils ont pour certains des difficultés à boucler leur fin de mois alors qu’ils œuvrent plus de 50 heures par semaine !).
Ce qui a quelque peu choqué la plupart d’entre nous, c’est le fait que le 17 octobre (mais aussi le jour d’après) nous avons pu observer l’impuissance de nos pouvoirs publics dans la gestion d’une crise qui couvait, et était prévisible.
La force publique, qui ne démérite pas contrairement aux propos de certains partis politiques, n’a pas pu contenir un mouvement de personnes hautement condamnables, et qui n’ont pas eu de scrupules à les défier.
Ces représentant de l’état ont, au péril de leur vie, tenté de protéger les biens des commerçants, et ont essayé parfois avec difficulté de repérer les responsables d’actes délictueux.
On ne peut pas accepter que des casseurs, en toute impunité, puissent également souiller ou détruire des bâtiments publics (cas de la mairie de Limoges qui était un joyau patrimonial de ce chef-lieu).
Ce qui nous a tous émus, je le pense, c’est d’observer sur nos écrans les larmes d’habitants de ce département du centre de la France regroupés devant leur mairie, et qui ont perdu le 17 octobre 2026 un symbole qui leur était très cher.
Ce que nous retiendrons de cette journée, qui restera dans nos mémoires durant de très longues années je le pense, c’est le fait qu’en France une frange de la population bafoue les lois de la république.
Les pouvoirs publics ont fermé les yeux sur cette triste réalité depuis de nombreuses années pour éviter toute confrontation ou discussion, et de ce fait ont été responsables de leur majoration.
Il est également fondamental de ne pas oublier que de nombreuses professions ayant pour rôle d’aider les citoyens sont régulièrement humiliées ou menacées :
- Ce sont les enseignants qui sont trop fréquemment vilipendés ou molestés par des élèves ou des parents qui ne comprennent pas le rôle de l’école car ils sont dans la toute puissance
- Les soldats du feu qui sont copieusement accueillis pas des jets de pierre, ou de différents projectiles parfois dangereux pour la santé de ces intervenants, lors de leurs interventions. Or ces appels demandés par les forces de l’ordre, ou les citoyens de base, ont pour but de sauver des particuliers et des biens publics
- Les médecins qui sont trop souvent frappés, ou insultés, alors qu’ils ont pour tâche de soigner les patients. La plupart sacrifient en pure perte leur vie privée, et n’ont aucune reconnaissance
- Dernièrement sur Paris une affiche placardée dans le métro montrait une jeune femme (c’est un agent de la RAPT) qui avait reçu des coups sur le visage par un usager alors qu’elle faisait consciencieusement son travail. Cette vision exposée sur les murs des couloirs du métro laisse la plupart des gens indifférents, ce qui est très triste
Une déconnection coupable du gouvernement
De nombreuses institutions ont été créées « pour conseiller » les cols blancs aux manettes des différents ministères.
C’est le cas de la Cour des comptes qui propose, souvent avec intelligence, certaines adaptations nécessaires pour éviter des gaspillages inutiles.
Malheureusement de nombreuses propositions restent lettre morte, ou sont partiellement prises en compte.
Ainsi, alors que nous ne cessons pas de penser à réduire les dépenses de l’Etat qui ne cessent d’augmenter, on n’épargne pas le portefeuille du français en créant des commissions, des comités….
Alors qu’il est indispensable de réduire le nombre de fonctionnaire (notre président l’avait pourtant dit avant son élection), nous voyons qu’ils sont des plus en plus nombreux, cela alors que les tâches autrefois effectués par ces derniers doivent être réalisées par le français de base qui se rend compte qu’elles deviennent de plus en plus complexes.
Il avait été dit qu’une réduction de la masse salariale au sein des établissements hospitaliers devait être effective rapidement, que le code du travail devait être allégé, que la masse de demandes administratives au sein des cabinets médicaux allait se réduire en peau de chagrin.
Sur le terrain nous nous rendons compte que c’est l’inverse, et des redondances sont souvent observées (cas notamment des mairies avec les communautés des communes qui pour se rendre utiles nous noient de massages, pas nécessairement utiles, et qui encombrent nos messageries informatiques).
De ce fait le salarié de base est dans l’obligation de faire des démarches de plus en plus chronophages, ou doit effectuer des démarches dont l’utilité et la complexité laissent ces derniers pantois.
Ces différents signaux nous montrent que les pouvoirs publics ne sont pas du tout à l’écoute de la base, et agissent tête baissée sans regarder autour d’eux.
Ce qui est de plus en plus difficile à accepter également, c’est de voir la volonté des politiques de tout bord de faire de l’obstruction vis-à-vis de projets de loi qui ont pour but de réduire notre déficit, cela à des fins uniquement électoralistes.
Les réformes pourtant importantes pour réduire notre dette restent lettre morte du fait d’une hostilité de la part d’une majorité de politiques (la plupart n’ont jamais mis la main dans le cambouis) qui veulent montrer leur pouvoir de nuisance, mais aussi occuper le terrain pour garder leur poste.
Nous oublions trop facilement que ces actions délétères pour notre pays vont être à l’origine à court terme d’une mise sous tutelle de nos finances.
De plus ces énarques, à force d’être aussi distants de la base, vont être les générateurs de colère de la part du français qui vont au bout d’un laps de temps plus ou moins important se soulever pour montrer leur hostilité vis-à-vis d’une démocratie qui n’a plus de sens.
A moins que des partis extrémistes ne changent la donne, option qui ne dérange pas vraiment nos dirigeants qui n’ont aucune volonté de réformer le pays, mais peuvent nous donner froid dans le dos.