Un article rédigé par Caroline Coq-Chodorge (il s’agit d’une des publications d’un dossier édité par Médiapart) met en lumière la dure réalité de la législation canadienne concernant le suicide assisté, et l’euthanasie.
Depuis 2023 le Québec a modifié sa législation sur le sujet de la fin de vie.
Les personnes ayant une déficience physique ou psychique peuvent avoir accès à l’aide à mourir.
Dans ce chapitre certains présentent des handicaps mentaux, et la validation concernant leur euthanasie peut être effective dès lors que deux professionnels de santé ont donné leur consentement.
Bien entendu un délai de réflexion de 90 jours est nécessaire avant que les soignants valident leur décision.
De plus, et avant d’être positionné sur l’idée d’abréger la fin de vie des patients, les professionnels doivent s’assurer qu’un accompagnement adéquat était au préalable présent chez ces personnes.
Dans les faits de telles dispositions sont théoriques du fait que la prise en charge à ce niveau souffre de lacunes (manque de personnels du fait de réductions budgétaires) pour dispenser cette aide.
Une militante qui se positionne dans cet article pour les droits des handicapés nous explique que, parmi les personnes « en bonne santé » 40% pensent que cette frange de la population qui n’est pas dans « les normes conventionnelles physiques et mentales » n’a pas une bonne qualité de vie.
Une femme atteinte de sclérose en plaque, et ayant de ce fait un handicap moteur important s’est posée la question d’une volonté plus ou moins délibérée des pouvoirs publics de « la pousser vers la sortie ».
Il est certain que les personnes ayant un handicap, et vivant seules, sont plus vulnérables car n’étant pas épaulées pour affronter les difficultés du quotidien.
De cette manière elles se sentent inutiles dans la société, et l’anxiété ou la dépression secondaire à leur pathologie majore ce sentiment de rejet de la part des compatriotes.
Ce qui choque ces patients ayant un handicap, c’est le fait qu’une loi permettant un accès plus facile à l’euthanasie et le suicide assisté conduit certains professionnels à ne pas avoir les mêmes égards (gestion par exemple des soins quotidiens dans le cas d’une escarre) pour ces personnes.
Certaines associations canadiennes pointent du doigt le fait qu’il est important de tenir compte du handicap du patient avant toute chose, et améliorer la prise en charge de ces personnes.
La journaliste a mis également en lumière un élément qui majore la perception négative des handicapés canadiens vis-à-vis de leur situation : près de 75% vivent sous le seuil de la pauvreté.
Cet élément interpelle parfois ces personnes qui par ce truchement ont l’idée qu’ils n’ont pas de crédit vis des autres citoyens.
Tout aussi difficile est la rationalisation des soins au Canada (les soins à domiciles sont chronométrés lors de leur exécution) qui est une réalité très déstabilisante.
Cet élément nous démontre que dans un pays dit développé la finance gouverne les pays appelés riches.
Cette dure réalité est souvent mal acceptée par les handicapés qui se sentent très isolés, et ont un sentiment d’inutilité.
De plus, et comme le souligne la journaliste, il y a plus de facilité d’avoir accès à une aide à mourir qu’à obtenir des soignants à domicile.
Un rapport réalisé en 2023 dans ce pays pointait du doigt :
- Le fait que 47,1% des personnes ayant un handicap présentaient un état dépressif ou anxieux. Dans ce contexte, ne serait pas intéressant de traiter ce cas de figure qui peut dans certains cas être amélioré
- Le fait qu’une importante culpabilisation de rester en vie était effective pour 50% d’entre eux (ils sentent qu’ils deviennent un fardeau pour les aidants familiaux)
Tous ces éléments doivent nous faire réfléchir chez ces personnes :
- Un choix de fin de vie nécessite un éclairage optimal en ayant eu la possibilité de recourir à toutes les aides possibles pour améliorer le quotidien
- S’assurer que la prise de décision exprimée est réfléchie, et ne fait pas suite à un coup de tête
Ce qui est intéressant dans cet article, c’est de voir que les handicapés, contrairement aux autres patients en fin de vie ont pour la plupart un vécu le plus souvent ancien.
De ce fait il est important d’en tenir compte pour l’évaluation de leurs souffrances psychiques ou physiques (elles sont souvent anciennes) pour intervenir de manière raisonnée en donnant l’éclairage suffisant pour que la volonté de ces personnes handicapées soit exprimée de manière claire.
La fin de vie est un sujet important qui ne doit en aucune manière être pris à la légère !